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L'histoire du Laboratoire souterrain

Depuis la fin des années 60, les déchets de haute activité et de moyenne activité à vie longue (HA-MAVL), issus du recyclage des combustibles usés, sont entreposés dans les usines de retraitement de La Hague (50) et de Marcoule (30) en attendant une solution de stockage définitive. La solution envisagée est de les stocker dans des formations géologiques profondes - stables depuis des millions d'années - seules susceptibles de confiner efficacement ces déchets pour les durées nécessaires. Dans cette perspective, l'Andra entreprend, en 1982, de collaborer avec des pays qui étudient déjà en profondeur les qualités de diverses roches en vue d'un stockage souterrain :

  • À Mol, en Belgique, dans l'argile.
  • À Asse, en Allemagne, dans une ancienne mine de sel.
  • A Grimsel, en Suisse, dans du granite.

 

 

En 1987, après des études documentaires, l'Andra envoie ses géologues sur quatre sites dont la géologie est à priori favorable pour y installer des laboratoires souterrains afin d'y étudier la faisabilité d'un stockage en profondeur :

  1. dans les Deux Sèvres (granite)
  2. dans le Maine et Loire (schiste)
  3. dans l'Ain (formations saline)
  4. dans l'Aisne (argile)

 

Mais au bout de trois ans, devant l'ampleur de la protestation, le premier ministre, Michel Rocard, désireux de sortir de l'impasse un dossier très important pour le développement de l'industrie nucléaire, décrète un moratoire d'un an sur l'ensemble des projets. Le gouvernement charge alors en 1990 le député du Nord Christian Bataille, membre de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) de réaliser un rapport pour faire le point sur les différentes voies de recherche sur la gestion des déchets HA-MAVL et sur les modalités d'information des populations.


Après plusieurs mois d'enquête et d'auditions, en France et à l'étranger, la loi du 30 décembre 1991 est votée. Elle définit trois axes de recherches pour la gestion des déchets de haute activité et de moyenne activité à vie longue :

  1. recherches pour réduire la nocivité et la durée de vie des déchets (séparation et transmutation),
  2. recherches sur le conditionnement des déchets pour un entreposage de longue durée en surface
  3. études des possibilités de stockage réversible ou irréversible dans les formations géologiques profondes, grâce à la réalisation de laboratoires souterrains.

 

 

La loi crée la Commission nationale d'évaluation (CNE) chargée de publier une fois par an un rapport d'évaluation de ces recherches.
 
Suite à cette loi, une mission de médiation est réalisée auprès des départements français afin de savoir quels départements souhaitent accueillir un laboratoire de recherche. Ainsi à partir de 1994, les équipes de l'Andra retournent sur le terrain afin de rechercher un site pour un laboratoire. Elles mènent des investigations géologiques dans quatre départements :

  1. le Gard (argile)
  2. la Vienne (granite)
  3. la Meuse (argile)
  4. la Haute-Marne (argile)

 

 

Par des campagnes de mesures sismiques et des forages carottés, elles étudient la couche géologique qui pourrait accueillir un laboratoire. Ce travail se fait dans des conditions très différentes de ce qui s'était passé avant le moratoire. Premièrement, la loi de 1991 légitime et encadre désormais l'action de l'Andra. Deuxièmement, autour des sites, les élus locaux apportent leur soutien à l'Agence.

 
En 1996, les projets de la Meuse et de la Haute-Marne sont réunis en un seul site situé à Bure. L'Andra dépose alors trois demandes d'installation pour des laboratoires souterrains. Mais en avril 1997, un aléa politique stoppe toute décision. Dans le nouveau gouvernement de Lionel Jospin, issu de la nouvelle majorité, le projet de laboratoire ne fait plus l'unanimité.
 
Les recherches de l'Andra sur la faisabilité d'un stockage souterrain ne sont pas arrêtées pour autant car, depuis deux ans, l'Agence a rejoint le projet suisse du "Mont Terri", dans le Jura, où des chercheurs profitent de la galerie de reconnaissance d'un tunnel autoroutier pour mener des expérimentations sur une couche d'argile aux qualités proches de celles de l'argile de Bure. L'Andra continue aussi à financer des recherches effectuées dans de nombreux laboratoires universitaires.
En août 1998, un grand rassemblement européen anti-nucléaire a lieu à Bure. Ce jour-là, les maires d'une quinzaine de communes voisines installent des panneaux "Oui au labo" aux frontons de leurs mairies. En décembre 1998, un compromis politique est trouvé et le gouvernement annonce ses décisions :

  • Le futur stockage doit être réversible,
  • Le site du Gard est écarté.
  • Le site granitique de la Vienne, jugé peu probant par la commission nationale d'évaluation (CNE), est écarté mais l'Andra doit continuer à étudier cette roche.
  • Enfin, c'est le site de Meuse/Haute-Marne qui est choisi pour implanter un laboratoire souterrain : plus de 10 ans après ses premières démarches, l'Andra a désormais le feu vert pour créer un laboratoire dans l'argile.

 

 

Les travaux de construction du Laboratoire souterrain débutent en 2000, l'Andra obtient fin 2011, suite à une enquête publique, l'autorisation d'exploiter le Laboratoire jusqu'en 2030.

 

  
  
  

Creusement d'un puits à l'explosif
Creusement d'un puits à l'explosif

Brise roche hydraulique
Brise roche hydraulique

Machine à attaque ponctuelle (MAP)
Machine à attaque ponctuelle (MAP) 



Architecture des galeries du laboratoire
Architecture des galeries du laboratoire

 

Laboratoire de recherche de Meuse / Haute-Marne : 12 ans de recherches
Laboratoire de recherche de Meuse / Haute-Marne : 12 ans de recherches

 

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Page mise à jour le Jeudi 15 Décembre 2016 à 15h06