Suivi entomologique des insectes

Photo d'un agrion de mercureParmi les réseaux d'observation de la faune, un volet porte sur les insectes présents dans la zone OPE. Plusieurs campagnes ont permis de dresser un inventaire précis de ces insectes qui témoignent d'une grande diversité entomologique du territoire observé.

Contexte

La diversité entomologique à l'échelle d'un territoire est étroitement liée à la distribution des écosystèmes et à leur mode de gestion. L'évolution de la sylviculture pour répondre à de nouveaux besoins spécifiques émergeants en biomasse pour certaines filières (biocarburant) va sensiblement modifier le mode de gestion des forêts. Ces modifications impacteront les habitats de certains taxons habituellement observés dans ces milieux qui pourront être constatés à l'aide d'inventaires régulièrement pratiqués sur un même secteur. En système agraire, les pratiques agricoles sont soumises à de fortes contraintes environnementales afin de réduire l'usage de produits phytosanitaires pour assurer la protection des cultures. Ce nouveau contexte agricole plus favorable pour la biodiversité devrait bénéficier en premier ordre à celui des insectes. De plus, les productions agricoles soumises aux règles des marchés internationaux très fluctuants peuvent fortement évoluer d'une année à l'autre au profit de nouvelles cultures. Ces changements de l'occupation des sols agricoles peuvent également influer la diversité des insectes habituellement observés dans ces habitants. Le changement climatique observé depuis quelques années favorise la présence de nouveaux insectes dont certains ravageurs des forêts et des cultures.

Photo d'un piège lumineux.

Méthodologie

Au cours de deux années (2008 et 2009), un inventaire des espèces protégées et/ou patrimoniales a été pratiqué pour les 4 taxons les plus représentés selon les habitats :

  • odonates et autres insectes des milieux aquatiques (libellules)
  • orthoptères sur les prairies sèches ou humides (sauterelles, criquets...)
  • lépidoptères sur les prairies sèches, les forêts et les zones humides (papillons)
  • coléoptères et plus particulièrement les carabes en prairies sèches, forêts et zones humides (scarabées, coccinelles, lucanes, chrysomèles, hannetons, charançons....).

Ce suivi entomologique reposait sur des observations de terrain et la mise en place de pièges adaptés selon les taxons. Plusieurs campagnes d'inventaires ont été réalisées à différentes périodes de l'année.

Résultats remarquables

En 2008, la recherche bibliographique sur les insectes de la zone OPE a permis d'établir une liste de 301 espèces déjà mentionnées dans la littérature ou dans des bases de données. Cette liste donnait des espèces de 9 taxons (coléoptères carabidés, diptères syrphidés, éphéméroptères, lépidoptères, mécoptères, neuroptères, odonates, orthoptères, trichoptères). Parmi ces espèces, deux d'entre elles sont protégées au niveau international et au niveau national. Il s'agit du Cuivré des marais (papillon) et de l'Agrion de Mercure (libellule). 35 autres espèces sont inscrites sur la liste rouge de Champagne-Ardenne et sur la liste des espèces déterminantes de Lorraine, soit 37 au total.

Données entomologiques

Carte du suivi entomologique de la zone OPE en 2009-2010

Carte du suivi entomologique de la zone OPE en 2009-2010.

Photo d'un cuivré des marais.Au cours des campagnes d'inventaire de 2008 et 2009, parmi les 3 274 données recueillies, 251 concernent des espèces remarquables, soit 7,6 % de l'ensemble des données. Deux espèces protégées et 56 espèces patrimoniales ont été identifiées. Le nombre d'espèces patrimoniales total est porté à 75 (38 issues uniquement des données de terrain, 17 issues uniquement de l'analyse bibliographique et 20 dans les 2 cas). Sur les 70 stations d'observation, 54 abritent au moins une espèce patrimoniale. 6 zones de grands intérêts regroupant plus de 10 espèces remarquables ont été recensées sur l'aire d'étude. 16 espèces déterminantes de Lorraine et 12 espèces inscrites sur les listes rouges de Champagne-Ardenne ont été observées et seulement une seule des deux espèces protégées (le cuivré des marais).

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