En 2009, après 4 années d'études supplémentaires, l'Andra a remis à ses évaluateurs un ensemble de documents présentant les grandes options retenues pour la conception, la sûreté et la réversibilité du stockage. Ces éléments sont complétés par la définition d'une zone de 30km2 pour l'implantation des installations souterraines, qui en 2010, a fait l'objet d'investigations géologiques détaillées et par une présentation des études et recherches coordonnées par l'Andra sur l'entreposage des déchets HA et MA-VL.
En 2012, le projet entre dans une phase de conception industrielle qui consistera notamment à :
Ces éléments contribueront à la préparation du débat public (prévu en 2013) et au dossier de demande d'autorisation de création de Cigéo.

Cigéo est conçu pour permettre de confiner durablement les substances que contiennent les déchets HA et MA-VL. Pour garantir ce confinement de la radioactivité, le principe du stockage repose sur une couche argileuse dont les propriétés remarquables (faible perméabilité, homogénéité et continuité) permettent de retarder et de limiter la dispersion de ces substances. Ces propriétés ont été mises en évidence grâce à des reconnaissances géologiques et aux études des scientifiques conduites notamment dans le Laboratoire souterrain.
La loi du 28 juin 2006 impose que le stockage puisse être réversible pendant au moins 100 ans. Concevoir un centre de stockage réversible permet de laisser aux générations futures le choix de modifier ou d'orienter le processus de stockage. Il s'agit en particulier de retirer les colis stockés et de les entreposer si un autre mode de gestion était envisagé. La loi précisera les conditions de cette réversibilité.
Sous réserve de l'autorisation de création, les travaux de construction du de Cigéo débuteront par l'aménagement du site en surface et par la construction des infrastructures d'accès aux installations souterraines puis par le creusement des premières alvéoles de stockage.
Le premier colis pourra être accueilli en 2025, si l'autorisation de mise en service du centre de stockage est délivrée par le Gouvernement, sur avis de l'Autorité de sûreté nucléaire.
La phase d'exploitation durera environ un siècle. Plusieurs centaines de personnes travailleront pour construire au fur et à mesure de nouvelles alvéoles de stockage, préparer et stocker les colis de déchets et surveiller l'installation.
Après l'exploitation, l'installtion sera fermée et placée en phase de surveillance.

Étape 1 : Réception, contrôle et conditionnement des colis de déchets radioactifs
Les déchets radioactifs sont conditionnés par les producteurs dans des colis (en béton, en inox ou en acier). Ils sont acheminés par rail ou par route vers le centre de stockage dans des emballages spécifiquement étudiés par les producteurs. À leur arrivée sur le centre, les colis de déchets sont contrôlés par l'Andra, conditionnés dans des conteneurs de stockage et entreposés.
Étape 2 : Stockage des conteneurs dans les alvéoles
- Déchets HA
Chaque conteneur HA est placé dans une hotte de transport qui permet d'assurer la radioprotection du personnel. Puis, il est transféré vers l'alvéole de stockage par la liaison dédiée aux conteneurs. La hotte de transport accoste la porte blindée de l'alvéole, les portes s'ouvrent et le conteneur est pris en charge par un robot qui assure sa mise en place dans l'alvéole. À la fin de l'opération, les portes de la hotte et de l'alvéole sont refermées.
- Déchets MA-VL
Comme pour les déchets HA, le conteneur MA-VL est transféré vers l'alvéole de stockage dans une hotte de transport où il est pris en charge par un robot.

En surface, Cigéo représente environ 300 hectares, répartis sur deux sites distants de quelques kilomètres.
Une zone de 200 hectares environ (dont environ 130 ha de déblais argileux) sera située à la verticale des installations souterraines de stockage et reliée par des puits à celles-ci. Située nécessairement dans le périmètre de la ZIRA, cette partie des installations est dédiée aux travaux de construction des galeries de liaisons et des alvéoles de stockage. C'est là également que se situera l'accès principal du personnel aux installations souterraines.

Une zone de 100 hectares environ (dont environ 30 ha de déblais) reliée aux installations souterraines par des descenderies (tunnel incliné d'environ 10 %). Située à quelques kilomètres de la précédente zone, elle est dédiée à la réception, le contrôle, le conditionnement, l'entreposage et le transfert des colis de déchets vers les installations souterraines.

Des infrastructures relient les installations en surface et souterraines. Elles sont nécessaires pour transférer des conteneurs de stockage, le personnel, les engins de chantier… et peuvent prendre la forme de puits ou de tunnels aussi appelés descenderies. Des puits d'aération, situés à la verticale des installations souterraines complètent l'ensemble.
Les installations souterraines se développeront au fur et à mesure de l'exploitation pour atteindre environ 15 km2. Elles sont situées à 500 mètres de profondeur et se composent de zones de stockage pour les déchets HA et pour les déchets MA-VL, de galeries de liaison et d'installations techniques. Les zones de stockage sont conçues de façon modulaire pour permettre la construction progressive des alvéoles et la séparation des déchets selon leurs caractéristiques (types de colis ou de conteneur, caractéristiques chimiques).

Volume de déchets prévus (scénario industriel fourni par les producteurs de déchets, fin de vie du parc électronucléaire actuel) : environ 70.000 m3 de déchets MA-VL (dont environ 60 % déjà produits) et 10.000 m3 de déchets HA (dont environ 30 % déjà produits).
Emprise des installations de surface : environ 300 hectares
Liaison entre la surface et le fond : 4 puits de 500 mètres et une double descenderie (tunnel incliné) de 5 km
Installations souterraines :
o Galeries de liaison ~100 km
o Alvéoles de stockage MA-VL : 20 km
o Alvéoles de stockage HA : 200 km
o Emprise totale des installations souterraines à terme : ~15 km²
Le coût de Cigéo est régulièrement mis à jour pour tenir compte de l'évolution du contexte économique (inflation, prix des matières premières…) et de l'avancée des études (évolutions des concepts, augmentation de l'inventaire des déchets à stocker…). Il s'agit d'un coût complet qui prend en compte : construction, exploitation pendant plus de 100 ans, fermeture, taxes et assurances. Les producteurs de déchets sont responsables du financement du stockage. Pour cela, ils doivent provisionner dès aujourd'hui le montant correspondant à la gestion de leurs déchets, afin de ne pas reporter cette charge sur les générations futures.
Pour en savoir plus
Dans le cadre de la mission qui lui a été confiée par la loi du 30 décembre 1991, l'Andra a remis, en 2005, aux Ministres chargés de la Recherche et de l'Industrie, un rapport sur la faisabilité d'un stockage profond pour les déchets radioactifs de haute et moyenne activité à vie longue.
Les recherches de l'Andra sur le stockage géologique des déchets radioactifs à haute activité et à vie longue : résultats et perspectives (PDF - 8.74 Mo)

Synthèse Argile : Evaluation de la faisabilité du stockage géologique en formation argileuse (PDF - 21 Mo)
Tome Architecture et gestion du stockage géologique (PDF - 14.71 Mo)
Tome Evolution phénoménologique du stockage géologique (PDF - 18.26 Mo)
Tome Evaluation de sûreté du stockage géologique (PDF - 27.15 Mo)
Fin 2009, L'Andra a remis un gouvernement un rapport sur le projet de stockage profond détaillant les grandes options de conception, de sûreté et de réversibilité du stockage et celles concernant l'entreposage. Une zone d'une trentaine de km² est également proposée pour poursuivre l'étude de l'implantation des installations souterraines de stockage. Ce rapport constitue un point d'avancement scientifique et technique important du projet Cigéo.
Pour en savoir plus sur le projet Cigéo, visitez le site de l'Andra en Meuse et Haute-Marne.

Télécharger la brochure sur le projet de centre de stockage réversible profond (PDF - 444 Ko)


