Accueil

  

FAQ

Voici les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur :

 

La radioactivité

Mon habitation est-elle entourée par la radioactivité ?
La radioactivité est un phénomène naturel omniprésent sur Terre. Roches, eau, air, aliments... Elle se trouve partout autour de nous. En France, nous sommes en moyenne exposés à environ 3,5 milliSieverts par an. Même notre corps est radioactif ! Il émet une radioactivité naturelle de 8 000 à 10 000 Becquerels (pour une personne de 70 kg). Ceci provient essentiellement du potassium 40 contenu dans nos os et du carbone 14.

 

La radioactivité se mesure-t-elle ? Peut-on la détecter facilement ?
Invisible, inodore et incolore, la radioactivité ne peut être détectée à l'œil nu. Mais des instruments très sensibles permettent de la mesurer... Même à de très petites doses.

 

Est-il vrai que l'on respire, ingère ou boit, chaque jour, des substances radioactives ?
On trouve des substances radioactives partout dans l'environnement : le sol, l'eau de pluie et de mer… Mais également dans les aliments comme le lait ou les légumes. Ex :

 

- le poisson : 100 à 400 Bq/kg,
- le lait : 80 Bq/L,
- les légumes verts : 100 Bq/kg,
- les cendres de charbon : 2 000 Bq/kg,
- le granite : 8 000 Bq/kg,
- l'eau de mer : 10 Bq/L.


L'homme évolue depuis toujours dans un environnement naturellement radioactif. Aussi, nous inhalons et ingérons chaque jour des particules radioactives.


Depuis combien d'années y-a-t-il de la radioactivité en France ?
La radioactivité naturelle existe depuis la création de la Terre ! Depuis 50 ans et l'utilisation par l'homme de ce phénomène depuis sa découverte, s'ajoute la radioactivité produite par les activités humaines. De nombreux secteurs utilisent en effet les propriétés de la radioactivité : la recherche, l'industrie électronucléaire, la médecine ou encore l'industrie classique.


La radioactivité disparaîtra-t-elle un jour ?
La radioactivité est un phénomène qui décroît naturellement dans le temps. Mais les radionucléides encore présents naturellement dans l'environnement depuis la naissance de la Terre donnent naissance à de nouveaux radionucléides en se désintégrant. De plus, les rayons cosmiques provenant du soleil et des galaxies produisent en permanence des atomes radioactifs comme le tritium ou le carbone 14, par exemple.


Existe-t-il des risques en cas d'exposition faible, mais répétée, à la radioactivité ?
Les effets des faibles doses de radioactivité font l'objet d'intenses recherches depuis de nombreuses années. Il s'agit d'un domaine difficile car de nombreux facteurs entrent en jeu : le mode de vie (alcool, tabac, substances chimiques…) et la sensibilité individuelle. En dessous de quelques millisieverts (mSv), le risque pour la santé est immesurable. Est-il pour autant négligeable ? A ce jour, les chercheurs n'ont encore rien observé. Néanmoins, le risque zéro n'a pas encore été prouvé.


Combien de temps un déchet reste-t-il radioactif ?
Cette donnée dépend de la nature du déchet et des substances qu'il contient. Ces substances restent radioactives pendant plus ou moins longtemps. Ainsi, la durée de vie d'un déchet radioactif peut varier de quelques mois à plusieurs centaines de milliers d'années.

 

Mon téléphone portable est-il radioactif ?
Non, un téléphone portable n'est pas un déchet radioactif. Il ne faut pas confondre ! Les téléphones portables n'émettent pas de rayonnements ionisants, mais des ondes électromagnétiques. C'est pourquoi les composants de ce genre d'appareil entrent dans la catégorie des déchets dits classiques.

 

Qu'est-ce que le tritium ?
Le tritium est la forme radioactive de l'hydrogène. Présent naturellement dans l'environnement, il a la particularité d'être très mobile. Sa toxicité est très faible. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) considère que l'eau est potable si l'activité en tritium reste inférieure à 10 000 Becquerels par litre.

 

Pourquoi retrouve-t-on du tritium dans les déchets radioactifs ?
Le tritium est un radionucléide très couramment produit ou utilisé dans de nombreux domaines : l'industrie nucléaire, la médecine, la défense nationale… Il fait donc partie des radionucléides que l'on retrouve le plus souvent dans les déchets radioactifs.

 

 

Les déchets radioactifs

Les déchets radioactifs présentent-ils des risques ?
La radioactivité peut présenter des risques à des doses élevées. Les déchets radioactifs présentent des niveaux de radioactivité plus élevés que les niveaux naturels. A ce titre, ils peuvent donc présenter des risques pour la santé. En fonction de leur composition, ces déchets sont plus ou moins dangereux. C'est pourquoi, pour éviter tout risque, ils bénéficient d'une gestion adaptée à leur nature, qui vise à les confiner pour éviter l'exposition des populations. Ils sont traités et conditionnés pour éviter la dispersion des substances qu'ils contiennent. Ensuite, ils sont stockés dans des centres spécifiques.

 

Les déchets radioactifs : est-ce uniquement la conséquence des centrales nucléaires ?
Non pas seulement. Depuis sa découverte, la radioactivité est utilisée dans de nombreuses applications. En France, un peu plus de la moitié des déchets radioactifs provient de l'industrie électronucléaire. Mais la recherche, la médecine ou encore l'industrie classique, utilisent également régulièrement des substances radioactives.
L'origine des déchets radioactifs :

 

- 59 % proviennent de l'industrie électronucléaire,
- 26 % de la Recherche,
- 11 % de la Défense,
- 3 % de l'industrie classique,
- 1 % de la médecine.

 

A quoi ressemblent les déchets radioactifs ?
La grande majorité des déchets radioactifs sont des objets "ordinaires" : gants, ferrailles, plastiques, terre, gravats, ou encore détecteurs d'incendie, paratonnerres… Mais parce qu'ils ont été potentiellement contaminés par de la radioactivité, ces déchets sont  "devenus" radioactifs.
Une fois produits, ils sont destinés à être stockés (ou entreposés en attendant d'être stockés). Pour cela, ils sont conditionnés dans des colis spécifiques en fonction de leurs caractéristiques : fût en béton, fût en métal, caisson métallique, etc.


Où se trouvent les déchets radioactifs ?

Une fois produits, les déchets sont stockés dans des centres de stockage. Ces centres sont construits en surface ou en profondeur, en fonction de la nature des déchets. Aujourd'hui, il existe deux centres de stockage dans l'Aube et un dans la Manche, qui permettent de prendre en charge plus de 90 % des déchets radioactifs français produits chaque année (déchets très faiblement radioactifs et/ou à vie courte). Les autres types de déchets (ceux très radioactifs ou ayant de longues durées de vie) ne peuvent être stockés pour le moment car les centres adaptés sont à l'étude. En attendant, ils sont entreposés, le plus souvent sur leur lieu de production. Nous pouvons savoir précisément où se trouvent tous les déchets radioactifs dans l'Inventaire national, un document produit par l'Andra tous les trois ans.


Puis-je contribuer personnellement à la disparition des déchets radioactifs ?
Chacun peut contribuer à la réduction des déchets au quotidien, en faisant par exemple attention à sa consommation d'électricité ou encore à la fréquence de ses soins médicaux. Aujourd'hui en France, la production de déchets radioactifs représente près de 2 kg par an et par habitant.


La production des déchets radioactifs va-t-elle s'arrêter un jour ?
Oui, à condition de stopper toutes les activités utilisant les propriétés de la radioactivité. Depuis la découverte de ce phénomène à la fin du XIXe siècle, la radioactivité est utilisée dans de nombreuses applications au quotidien qui permettent d'améliorer notre mode de vie : production d'électricité, médecine, recherche, industrie, agro-alimentaire, Défense nationale…


Existe-t-il des solutions pour gérer de manière sûre les déchets radioactifs ?
Comme la plupart des pays confrontés à la problématique des déchets radioactifs, la France a fait le choix de les stocker définitivement dans des centres adaptés. Pour cela, une Agence publique (Andra) a été créée, pour concevoir, exploiter et surveiller ces centres de stockage, et ainsi prendre en charge l'ensemble des déchets radioactifs français. Ces centres de stockage sont conçus pour isoler les déchets de l'Homme tant qu'ils présentent des risques, quelle que soit leur nature. Cette solution permet de les gérer de manière sûre et de ne pas reporter ce poids sur les générations futures.


Que signifie "vie courte", "vie longue" ?

Ces termes concernent les radionucléides. La radioactivité est un phénomène qui décroit naturellement dans le temps, plus ou moins lentement selon chaque radionucléide. Il existe donc des radionucléides :
•    à vie courte (dont la période radioactive est inférieure à 31 ans),
•    à vie longue (dont la période radioactive est supérieure à 31 ans).
Les déchets contiennent tous un mélange de ces radionucléides. Leur catégorisation s'appuie sur ce principe. Les déchets dont la radioactivité provient principalement d'éléments à vie courte sont appelés déchets à vie courte, et inversement.


Qui s'occupe des déchets radioactifs en France ?
C'est l'Etat qui prend les décisions concernant la politique de gestion des déchets radioactifs. Pour mettre en œuvre cette politique, le gouvernement français a créé une Agence nationale (l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Ses missions consistent notamment à concevoir et exploiter les centres de stockage accueillant ces déchets et à surveiller leur évolution à long terme et leur impact sur l'homme et l'environnement. L'Andra est également chargée de recenser l'ensemble des déchets radioactifs présents en France, de collecter les déchets non-électronucléaires ou détenus par des particuliers ou encore d'assainir les sites ayant été pollués par de la radioactivité.

 

Puis-je avoir des déchets radioactifs chez moi ?
Oui. Dans l'entre-deux guerres, à l'époque où l'on était moins conscient des risques liés à la radioactivité, des substances radioactives étaient couramment utilisées pour la fabrication d'objets du quotidien (crèmes, fontaines à eau, médicaments, cosmétiques, montres…) ou de matériel médical. Aujourd'hui, ces objets anciens peuvent se retrouver dans vos greniers. Plusieurs indices peuvent permettre d'identifier si un objet est radioactif :

  • la présence du trèfle radioactif sur l'étiquette, sur l'objet ou sur l'emballage,
  • la marque de fabrication ou le nom du produit comprennent le mot "radium", "uranium" ou dérivés,
  • le fait que l'objet (fabriqué dans les années 60) brille dans l'obscurité sans avoir été exposé à la lumière depuis au moins 2 jours,
  • le fait que l'objet soit conditionné dans du béton ou du plomb.

 

Dans la plupart des cas, les conséquences sont faibles mais il est préférable de ne pas toucher l'objet directement et de faire appel à l'Andra qui indiquera la démarche à suivre.


Comment limiter la production de déchets radioactifs ?

Les déchets radioactifs produits en France sont issus de plusieurs secteurs :

  • Le secteur de la production d'électricité d'origine nucléaire pour plus de 50 % des volumes.
  • Le secteur médical, de l'industrie classique, de la recherche et de la défense pour le reste.

 

Concernant les déchets radioactifs produits par les centrales nucléaires, il y a 3 façons d'en limiter les volumes :

  • Réduire la consommation d'énergie des entreprises et des ménages. Par exemple par des efforts d'économie d'énergie ou des programmes d'efficacité énergétique.
  • Diminuer les volumes de déchets produits dans les centrales (par exemple en réduisant leur production et en améliorant leur conditionnement sur site)
  • Traiter les déchets (par incinération, compactage, broyage…) ou recycler certains matériaux radioactifs dans les installations nucléaires françaises.


Concernant les autres secteurs, les industriels, les hôpitaux ou les laboratoires, recherchent des alternatives à l'utilisation de la radioactivité lorsque cela est possible (ex : utilisation de marqueurs non radioactifs dans la recherche médicale).

 

Des déchets radioactifs étrangers sont-ils stockés en France ? 
Depuis 1991, le stockage en France de déchets radioactifs importés est strictement interdit. Certains combustibles usés étrangers sont traités à l'usine Areva NC de La Hague. Les déchets directement issus de ce traitement sont réexpédiés dans leur pays d'origine. Les déchets issus de l'exploitation et de la maintenance de l'usine elle-même appartiennent à l'exploitant (Areva NC). Ils sont entreposés sur place en attendant d'être stockés dans le futur centre de stockage réversible profond.

 

Pourquoi certains déchets sont-ils dits de faible activité à vie longue ?
Sur une échelle de 0 à 100, l'ensemble des déchets FA-VL existants au 31 décembre 2010 présente une radioactivité inférieure à 0,01 : on parle donc de “faible activité”. Ces déchets sont dits “à vie longue” car ils peuvent rester radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d'années.

 

N'est-ce pas dangereux de transporter des substances radioactives ?
Ce transport s'effectue par voie ferrée, maritime ou terrestre en toute sécurité depuis une quarantaine d'années dans tous les pays dotés de centrales nucléaires. La réglementation internationale impose pour ces matières dangereuses des emballages de transport adaptés à leur dangerosité pour maîtriser les risques d'irradiation et de contamination. Soumis à l'agrément de l'Autorité de sûreté nucléaire, ils satisfont des tests particulièrement sévères tels que leur résistance à un feu de 800°C pendant 30 minutes ou à une chute de plusieurs mètres. Les véhicules sont munis de systèmes de sécurité et d'équipements destinés à empêcher les pertes, disparitions, vols et détournements des substances radioactives. Les conducteurs sont aussi spécifiquement formés à ce transport.

 

Pourquoi dit-on que le stockage des déchets de très faible activité est une spécificité française ?
En France, on considère de façon systématique que les déchets issus d'une zone nucléaire, même s'ils ne sont pas ou presque pas contaminés par de la radioactivité, doivent être traités comme n'importe quel autre déchet radioactif. Par exemple les ferrailles ou les bétons issus du démantèlement d'installations nucléaires et dont la radioactivité est souvent proche de la radioactivité naturelle, sont traités comme des déchets radioactifs de très faible activité (TFA). La France est le seul pays, avec l'Espagne plus récemment, à considérer ces déchets comme des déchets radioactifs ; dans les autres pays, ils sont généralement considérés comme des déchets classiques. La France a ainsi été le premier pays à se doter d'un centre de stockage spécifique pour ces déchets. Au Centre TFA de l'Aube, ils sont stockés dans des alvéoles creusées à quelques mètres de profondeur dans une couche argileuse. Lorsque les alvéoles sont remplies, celles-ci sont fermées, puis recouvertes d'une couche d'argile compactée pour lui redonner son imperméabilité. Une fois fermé, le Centre sera surveillé pendant trente ans.

 

Pourquoi ne pas stocker les déchets radioactifs sur leur lieu de production au lieu de les stocker en un endroit ?
Le stockage est conçu comme une solution pouvant devenir totalement passive grâce au milieu géologique. Pour stocker les déchets sur leurs lieux de production, il faudrait disposer sur chaque site d'une couche géologique compatible avec le stockage. Or, seules certaines zones en France présentent ces caractéristiques géologiques indispensables à un stockage sûr à long terme. De plus, le regroupement sur un seul et même site facilite la surveillance de ces déchets radioactifs.

 

 

Les centres de stockage

Peut-on habiter et cultiver à proximité des centres de stockage ?
Il n'existe aucune contrainte pour l'habitat et l'agriculture autour des centres de stockage de l'Andra actuellement en exploitation dans l'Aube et en surveillance dans la Manche. De la même façon, il n'y aura aucun danger à vivre, cultiver, pêcher, chasser ou se promener à proximité du futur centre de stockage profond (Cigéo). 

 

Pourquoi les centres de stockage rejettent-ils de la radioactivité ?

Les radionucléides, comme tout élément chimique, sont mobiles et se déplacent, sous forme liquide ou gazeuse. Il est impossible d'empêcher totalement ce déplacement. Les centres de stockage, qui manipulent et stockent des déchets contenant des radionucléides, relâchent ainsi de la radioactivité. Ces centres sont conçus pour que cette radioactivité soit confinée au maximum et relâchée en très faible quantité.

 

La radioactivité rejetée par les centres de stockage est-elle dangereuse pour la santé ?

La radioactivité rejetée par les centres est dispersée et diluée dans l'environnement de sorte que son impact soit toujours largement inférieur aux normes réglementaires et plusieurs centaines de fois inférieur à celui de la radioactivité naturelle.

 

Le projet d'entreposage que l'Andra prévoit d'installer à côté de son centre de stockage de l'Aube est-il une alternative au projet de stockage pour les déchets FA-VL qui a été repoussé ?

Non. L'entreposage prévu sur le Centre de stockage pour les déchets TFA accueillerait provisoirement les déchets du secteur non-électronucléaire issus notamment de l'assainissement des sites pollués en France et des objets radioactifs anciens détenus par les particuliers. Ces déchets ne peuvent pas rester là où ils sont, en attendant un stockage. Il faut les mettre en sécurité dès aujourd'hui. Ils représentent un faible volume, 4 500 m3, à comparer aux 150 000 m3 de déchets FA-VL pour lesquels l'Andra étudie les solutions de gestion.

 

Comment est calculé l'impact des centres de stockage ?
Chaque année de nombreuses mesures sont effectuées par l'Andra autour de ses Centres pour mesurer la radioactivité rejetée. A partir des données scientifiques disponibles sur le comportement de chaque radionucléide dans l'environnement (comment sont-ils absorbés par les plantes, par les animaux…), des calculs sont effectués pour évaluer la dose maximale que pourrait recevoir la population la plus exposée.

 

Quels déchets sont stockés au CSM ?
Il s'agit de déchets de faible et moyenne activité, qui étaient essentiellement liés au fonctionnement des installations nucléaires (filtres, traitements d'effluents liquides et gazeux…) et à leur maintenance

(vêtements, outils…) qui ont été stockés entre 1969 et 1994. Ces déchets provenaient également des opérations d'assainissement ou de démantèlement de telles installations. Ils contiennent une majorité de radionucléides à vie courte. Ils peuvent également contenir des radionucléides à vie longue comme le plutonium mais dans des quantités qui permettent leur stockage en surface en toute sûreté. Du début à la fin de l'exploitation, le Centre a tenu un inventaire des colis et de leur contenu. On connaît ainsi le volume, les caractéristiques et la provenance de chaque colis de déchets stocké.

 

Quels modes de stockage ont été employés au CSM ?
Les colis de déchets dont le conditionnement suffisait à assurer, à lui seul, une protection contre la radioactivité, ont été empilés les uns sur les autres en forme de pyramide et immobilisés grâce à du gravier. On appelle ces empilements des tumulus. Les colis nécessitant une protection supplémentaire ont été disposés dans des ouvrages en béton, par couches successives. Après chaque couche, du béton a été coulé pour enrober les colis et assurer l'étanchéité de l'ensemble, formant ce que l'on appelle des monolithes. Premier centre de stockage français, le CSM présente différents concepts de stockage qui ont évolué au cours de l'exploitation du Centre pour intégrer les évolutions technologiques. Une couverture étanche, placée à la fin de l'exploitation du Centre, permet de protéger les colis, notamment de la pluie. Tous les contrôles effectués aujourd'hui démontrent que l'impact du Centre de stockage de la Manche est toujours largement inférieur à l'impact de la radioactivité naturelle et que l'évolution du Centre de stockage de la Manche est conforme aux prévisions faites lors de sa fermeture.


Pendant combien de temps le Centre de stockage de la Manche sera-t-il surveillé ?
À l'issue de la mise en place de la couverture, le Centre de stockage de la Manche est passé en phase de surveillance en janvier 2003. Cette phase durera au moins 300 ans, jusqu'à ce que les déchets stockés dans le Centre ne présentent plus de risques, du fait de la décroissance naturelle de leur radioactivité. Cette surveillance permet de vérifier que l'évolution du Centre est conforme aux attentes et que son impact sur l'environnement est toujours très largement inférieur à celui de la radioactivité naturelle.

Pourrait-on envisager de récupérer les déchets du CSM pour les stocker ailleurs ?
Les colis stockés au CSM sont tous récupérables. Cependant, tous les contrôles effectués montrent que le Centre répond parfaitement aux exigences de sûreté et de protection de l'environnement, bien que les concepts de stockage aient évolué depuis. Il n'y a donc ni besoin ni intérêt à retirer les colis, d'autant que leur manipulation serait délicate et pourrait présenter des risques pour les opérateurs.

 

 

Pourrait-on envisager de récupérer les déchets du CSM pour les stocker ailleurs ?

Les colis stockés au CSM sont tous récupérables. Cependant, tous les contrôles effectués montrent que le Centre répond parfaitement aux exigences de sûreté et de protection de l'environnement, bien que les concepts de stockage aient évolué depuis. Il n'y a donc ni besoin ni intérêt à retirer les colis, d'autant que leur manipulation serait délicate et pourrait présenter des risques pour les opérateurs.

 

Quels éléments de l'environnement font l'objet d'un suivi dans le cadre de la surveillance des centres de stockage ?
L'air, les eaux souterraines et les eaux de surface, les sédiments des ruisseaux, l'herbe et les éléments de la chaîne alimentaire comme le lait, les céréales ou les champignons produits dans les environs des centres sont analysés. Les rejets liquides et gazeux sont également surveillés.

 

Où et par qui sont effectuées les analyses environnementales réalisées pour la surveillance du centre de stockage de l'Aube ?

La quasi-totalité des 10 700 analyses radiologiques annuelles sont effectuées par le laboratoire du Centre de stockage de l'Aube, qui a les agréments nécessaires pour effectuer ce travail. Quelques-unes, très spécifiques, sont sous-traitées. Quant aux 2 300 analyses physico-chimiques, elles sont réalisées par un laboratoire extérieur. Par ailleurs, l'IRSN (l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), conduit sa propre surveillance dans et autour du Centre. Il réalise régulièrement des analyses sur l'air, les eaux de surface, les eaux de pluies. Les résultats de cette surveillance sont également disponibles sur le site du Réseau national de mesures de la radioactivité de l'environnement (RNM). L'Autorité de sûreté nucléaire mène également une surveillance de l'environnement. En 2009, elle a par exemple effectué une inspection inopinée sur la surveillance de l'environnement, qui n'a donné lieu à aucun constat significatif.

 

Pourquoi les centres de stockage rejettent-ils de la radioactivité ?
Les radionucléides, comme tout élément chimique, sont mobiles et se déplacent, sous forme liquide ou gazeuse. Il est impossible d'empêcher totalement ce déplacement. Les centres de stockage, qui manipulent et stockent des déchets contenant des radionucléides, relâchent ainsi de la radioactivité. Ces centres sont conçus pour que cette radioactivité soit confinée au maximum et relâchée en très faible quantité.

 

La radioactivité rejetée par les centres de stockage est-elle dangereuse pour la santé ?
La radioactivité rejetée par les centres est dispersée et diluée dans l'environnement de sorte que son impact soit toujours largement inférieur aux normes réglementaires et plusieurs centaines de fois inférieur à celui de la radioactivité naturelle.

 

Les centres existants seront-ils suffisants pour les volumes à venir ?
Non, mais avant d'envisager la création de nouveaux centres de stockage, les efforts seront poursuivis afin de réduire les volumes de déchets à stocker (traitement, compactage, recyclage...). Les possibilités d'extension de capacité des centres existants pourront aussi être examinées.

 

Les collectivités locales sont-elles rétribuées lorsqu'elles accueillent des centres de stockage ?
Non, les collectivités ne sont pas rétribuées lorsqu'elles accueillent un centre de stockage. Cependant, comme toute industrie, l'Andra est soumise aux taxes locales (la taxe foncière et la cotisation économique territoriale). L'Agence génère également de l'activité en créant des emplois, directs et indirects.  En outre, s'agissant d'un projet d'envergure nationale, un accompagnement économique peut être envisagé pour permettre aux collectivités d'articuler celui du stockage avec les projets de territoire locaux.


Est-ce qu'un centre est conçu pour résister à un tremblement de terre ?
Oui, les matériaux utilisés sont choisis pour leur capacité à résister à la fois aux effets du temps et aux conditions extrêmes. Par ailleurs, l'emplacement d'un centre de stockage est choisi au préalable dans une région non sismique.

 

Immerge-t-on encore des déchets radioactifs dans la mer ?

Non, c'est interdit depuis 1993. Dans les années 60, cette solution faisait l'objet d'un consensus international pour certains déchets. Cette solution était alors considérée comme la solution la plus appropriée pour certains déchets radioactifs tant la dilution est considérable dans le volume de l'océan. Aujourd'hui, c'est le stockage qui a été choisi par la plupart des pays comme solution de gestion sûre pour l'ensemble des déchets radioactifs produits.

 

Que se passerait-il si un avion s'écrasait sur le centre de stockage de l'Aube ?
Les ouvrages de stockage du centre de surface sont remplis de gravier ou de béton entre les colis. De plus, ils sont recouverts d'une dalle de béton épaisse et solide. Tous ces matériaux permettraient de réduire au maximum la pénétration de l'avion dans l'ouvrage et de limiter l'endommagement des colis.
Si toutefois un accident devait se produire, provoquant un incendie et dispersant des radioéléments dans l'environnement, tout a été prévu pour permettre une détection rapide et une intervention des pompiers, en 10 minutes maximum. On considère donc que l'incendie ne durerait pas plus 30 minutes. L'impact sur l'homme et l'environnement resterait très faible, de l'ordre de 0,160 milliSievert au maximum pour une personne située à 200 m de l'incendie. Par ailleurs, avant la création d'un centre, des études de l'environnement aérien local sont réalisées. Il a été établi que la probabilité de chute d'avion sur les installations industrielles ou sur les ouvrages en cours d'exploitation sur les centres de surface de l'Aube est extrêmement faible.

 

Les substances radioactives contenues dans les déchets stockés sous terre sont-elles entraînées par les écoulements d'eau souterrains ?
Les centres de stockage sont implantés dans des couches géologiques où les écoulements d'eau souterrains se révèlent très faibles. Les substances radioactives contenues dans les déchets ne peuvent pas être entraînées par l'eau. En revanche, au fil du temps, les ouvrages humains vont se dégrader. Des substances radioactives vont en effet être relâchées dans le milieu géologique. Mais ce dernier aura été choisi au préalable pour sa spécificité à retarder et limiter leur déplacement. En France, il s'agit de roches argileuses.

 

Que fait l'usine de La Hague ? Du recyclage de déchets radioactifs ?

L'usine AREVA NC de la Hague ne recycle pas de déchets radioactifs. Elle assure la première étape du traitement des combustibles utilisés en centrales nucléaires, une fois qu'ils sont usés, afin de récupérer les matières radioactives recyclables (96%) qui peuvent être réutilisées dans la fabrication de nouveaux combustibles. Le reste (4%), qui ne peut être réutilisé, constitue des déchets très radioactifs, qui seront gérés de manière spécifique par l'Andra.


Peut-on récupérer les colis de déchets radioactifs stockés dans les centres ?

Si dans quelques dizaines d'années, les générations futures décidaient de récupérer les colis de déchets radioactifs stockés dans les centres, elles le pourront sur chacun des centres de stockage existants ou à l'étude. Pour le stockage profond, la possibilité de récupération est prise en compte dans les études de conception. Ainsi, comme le demande la loi, les colis stockés dans ce centre pourront être récupérés intacts pendant au moins 100 ans… Tant que les générations suivantes ne décident pas de fermer le centre de stockage.

 

Pourquoi ne stocke-t-on pas tous les déchets en profondeur puisque cela semble être le plus sûr ?
Pour des raisons de sécurité et de coût, il est nécessaire d'adapter la solution du stockage à la nature des déchets. L'activité et la durée de vie des déchets de très faible activité (TFA) et de faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC) ne nécessitent pas qu'ils soient stockés en couche géologique profonde (500 mètres). De même pour les déchets de faible activité à vie longue (FA-VL) qui peuvent être stockés à des profondeurs intermédiaires (entre 15 et 200 mètre sous terre). La solution du stockage profond doit être réservée en priorité aux déchets de haute activité et moyenne activité à vie longue (HA-MAVL).

 

Pourra-t-on un jour faire disparaître les déchets radioactifs ?

Les utilisations de la radioactivité font qu'il y aura toujours des déchets. En outre, il n'est pas possible de faire disparaître des déchets déjà produits. Pour les déchets les plus radioactifs produits par les réacteurs du futur (réacteurs de 4e génération), le Commissariat à l'Energie atomique (CEA) effectue des recherches sur un procédé qui permettrait de réduire la radioactivité ou la durée de vie de certaines substances contenues dans les déchets que ces réacteurs produiraient. Cette technique, appelée "séparation-transmutation", encore à l'étude aujourd'hui, serait applicable uniquement dans ces réacteurs de 4e génération (à l'horizon 2050), et donc sur les déchets qu'ils produiront. Cette transformation ne les ferait pas "disparaître" mais permettrait de faciliter leur gestion. Dans tous les cas, les déchets produits ainsi que les futurs déchets, quelle que soit leur nature, doivent être stockés de façon sûre et définitive.

 

Quels sont les moyens existants pour gérer les déchets radioactifs ?

Plus 90% des déchets radioactifs français produits chaque années sont stockés définitivement dans 3 centres spécialement conçus pour cela. Ils sont gérés par l'Andra dans les départements de la Manche et de l'Aube. L'objectif de cette solution de gestion est d'isoler ces déchets de l'Homme, pendant environ 3 siècles, jusqu'à ce que leur radioactivité ne présente plus de risque.

Les autres déchets radioactifs produits en France sont de haute activité ou ont une durée de vie plus longue, qui peut aller jusqu'à plusieurs centaines de milliers d'années. Pour les isoler aussi longtemps, les centres de stockage doivent être construits en profondeur, dans des roches imperméables qui servent de barrière naturelle. Ces centres sont actuellement à l'étude.

 

Comment choisit-on l'emplacement d'un centre de stockage ?
L'Andra conduit des études sur la roche (qui accueillera le centre) et les matériaux (qui serviront à sa construction et à la fabrication des colis de déchets). L'objectif de ces études est d'identifier l'endroit le plus sûr possible, en implantant les centres dans des roches spécifiques aux propriétés remarquables. Ces roches permettent ainsi de retarder et limiter au maximum la migration dans l'environnement des substances contenues dans les déchets, tant que celles-ci présentent des risques. 
Les études sur le milieu géologique sont effectuées grâce à des campagnes de reconnaissances géologiques (forages, technique de sismique…), des analyses en laboratoire et des études menées directement au cœur de la roche dans un laboratoire souterrain, construits à 500 mètres sous terre, dans le cadre des études sur le stockage profond.

 

Pourquoi n'envoie-t-on pas les déchets dans l'espace ? Sur la lune ? 

Envoyer des déchets radioactifs dans l'espace ou sur la lune est une solution qui présente un risque bien trop important. En moyenne, une fusée sur 100 s'écrase au décollage...

 

Comment conserve-t-on les données et études pour les générations futures ?

Un dispositif a été mis en œuvre pour préserver cette mémoire, quels que soient les événements (guerre, cataclysme…), pendant le maximum de temps. Il permettra d'informer les générations futures sur l'existence et le contenu d'un centre. Sur quelques siècles, on peut compter sur des moyens de transmission classiques : le langage, les symboles, les images actuelles…
En revanche, compte tenu de leur longue durée de vie, les déchets stockés en profondeur pourront encore présenter des risques pendant des milliers, voire des dizaines de milliers d'années. Il faut alors envisager d'autres mondes et d'autres sociétés. En collaboration avec des spécialistes de diverses disciplines (archéologues, anthropologues, historiens, linguistes…), des études ont été lancées pour comprendre les ressorts de la mémoire longue qui expliquent comment l'histoire de l'humanité est parvenue jusqu'à nous à travers les âges.

 

Les centres existants seront-ils suffisants pour les volumes à venir ?

Non, mais avant d'envisager la création de nouveaux centres de stockage, les efforts seront poursuivis afin de réduire les volumes de déchets chez le producteurs et sur les centres de l'Andra avant stockage (traitement, compactage, recyclage...). Les possibilités d'extension de capacité des centres existants pourront aussi être examinées.

 

Comment prévenir le risque de panne électrique sur les centres de stockage ?

En cas de panne électrique, chaque centre de l'Andra est équipé d'équipements de secours électriques, notamment de groupes électrogènes, redondants, diversifiés et faisant l'objet de tests très réguliers, afin d'assurer plusieurs niveaux de secours pour alimentation des équipements sensibles (ventilation nucléaire, pompe d'alimentation du réseau incendie, systèmes de surveillance radiologique…). Par exemple, le Centre de stockage de l'Aube possède 2 batteries autonomes (onduleurs) et 3 groupes électrogènes (un groupe fixe en cas de panne électrique et 2 groupes mobiles en cas de défaillance du premier groupe électrogène). Les 2 onduleurs permettent d'assurer une alimentation électrique pendant le temps nécessaire au démarrage des groupes électrogènes et d'assurer la surveillance des installations.

 

Le projet Cigéo

La construction d'un centre de stockage sur le site de Bure a-t-elle déjà commencé ?
Dans le village de Bure, dans la Meuse, l'Andra a construit au début des années 2000 un laboratoire souterrain à près de 500 mètres de profondeur. Ce dernier ne contient absolument pas de déchets et il n'en stockera jamais (la loi l'interdit). C'est notamment grâce à ce laboratoire que sont menées les études pour concevoir un centre de stockage profond. A la fin de ce programme de recherche, débuté en 1991, et si le gouvernement l'autorise, cette région accueillera le centre de stockage profond, vers 2025.
 

La séparation/transmutation est-elle une alternative au stockage des déchets ?
Non. Si les études sont concluantes, ce procédé ne serait mis en œuvre que dans les réacteurs du futur. Les déchets déjà produits ne peuvent pas être transmutés et doivent être stockés. De plus, la transmutation ne concernerait que certains radionucléides contenus dans les déchets futurs. Il existera quand même des déchets de haute activité qui devront de toute façon être gérés de manière sûre et définitive tout comme les déchets actuels.

 

Que contiennent les déchets destinés au centre Cigéo ?

Ces déchets proviennent principalement des combustibles utilisés dans les centrales nucléaires françaises. Les structures métalliques qui entourent ces combustibles sont cisaillées en petits tronçons, puis introduites dans une solution chimique pour extraire puis récupérer l'uranium et le plutonium. Les autres radionucléides, non réutilisables, sont calcinés, intégrés à une pâte de verre en fusion, puis coulés dans des colis en inox pour constituer les déchets de haute activité (HA). Les tronçons métalliques vides sont eux compactés sous forme de galettes et placés dans des colis en béton ou en métal, et constituent une partie de déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL).


Pendant combien de temps les déchets destinés au stockage profond seront-ils radioactifs ?
Les déchets radioactifs destinés au stockage profond contiennent une quantité importante de radionucléides dits à vie longue, dont la radioactivité peut mettre plusieurs centaines de milliers d'années à disparaître. Stocker ces déchets en profondeur dans une couche d'argile stable permet de les isoler sur d'aussi longues périodes de temps, tant qu'ils présentent des risques.

 

Pourquoi ne pas laisser les déchets entreposés sur leur site de production en les surveillants plutôt que de les stocker en profondeur ? 

Le stockage est la seule solution qui permet de gérer de manière sûre les déchets radioactifs sur le long terme, sans nécessiter d'intervention humaine (grâce au milieu géologique). Ces déchets sont dangereux pendant des centaines de milliers d'années : comment garantir que les hommes auront les moyens humains, techniques, financiers de les gérer (sans parler des instabilités politiques ou des guerres) ? A l'inverse du stockage, l'entreposage des déchets nécessite une maintenance régulière sur de toute la durée de dangerosité des déchets. La solution du stockage profond a également été retenue pour des raisons éthiques : ne pas reporter sur les générations futures le poids des déchets que nous produisons aujourd'hui.  


On dit que, là où le stockage est prévu, le nombre de séismes détectés est important. Est-ce vrai ?

Seuls 6 à 10 séismes naturels de très faible intensité sont observés chaque année sur étudiée par l'Andra en Meuse/Haute-Marne. Leurs sources sont lointaines (à 50 km, dans les Vosges) et situées entre 10 et 30 km de profondeur. Lorsque leurs ondes arrivent sur le site, aucun mouvement n'est ressenti par la population, seuls les sismographes arrivent à les détecter. On enregistre plus de 1 000 événements par an principalement provoqués par des tirs à l'explosif dans les exploitations de carrières de pierres, sans aucune relation avec la sismicité naturelle.

Où sont actuellement entreposés les déchets HA et MA-VL ?

En attendant la création du centre de stockage profond Cigéo, ces déchets sont conditionnés dans des emballages spécifiques et entreposés provisoirement en surface sur leur lieu de production, dans des installations adaptées, à Marcoule (Gard), La Hague (Manche) et Cadarache (Bouches-du-Rhône).

 

Un stockage géo… quoi ?

Géologique. C'est un stockage qui utilise la roche pour confiner la radioactivité présente dans les déchets radioactifs. La Suède, le Canada, la Belgique et le Japon, par exemple, ont fait le choix de concepts adaptés à la géologie de leur territoire. En France, il a été choisi d'étudier le stockage dans une couche d'argile, l'argile du Callovo-Oxfordien, âgée de 160 millions d'années et dont les propriétés sont remarquables.


Que représentent les déchets destinés à être stockés en profondeur ?
Nous produisons des déchets radioactifs, indirectement, du fait de notre mode de vie (consommation électrique, actes médicaux, industrie classique…). Chaque Français produit ainsi l'équivalent de 2 kg de déchets radioactifs par an. À titre de comparaison, les déchets ménagers représentent 390 kg par an et par habitant. Parmi l'ensemble des déchets radioactifs produits chaque année, ceux destinés au stockage profond représentent 20 g par an et par habitant… Soit l'équivalent du poids de 3 pièces de 1€.

 

Le stockage profond présente-t-il un risque de contamination de l'eau ?

L'Andra n'installera ses installations ni en dessous, ni au-dessus de zones utilisées ou pouvant l'être pour l'approvisionnement en eau. L'eau restera donc utilisable et consommable sans aucun danger.

 

Que va faire l'Andra des terrains situés près du stockage ?

L'Andra achètera les terrains nécessaires aux installations de surface (environ 300 hectares). Quant aux terrains situés au-dessus des installations souterraines, ils seront utilisables pour des activités habituelles. Sur certains périmètres, aucun forage ne pourra être fait sans un accord préalable de l'Andra. Ce type de périmètre existe déjà autour du Laboratoire souterrain où les terres sont cultivées.

 

Pourrai-je vivre à proximité du futur centre de stockage ?

Comme toute activité industrielle, un centre de stockage peut avoir un impact sur l'environnement. Les prélèvements et analyses réalisés de façon régulière autour des centres de stockage de l'Andra existants dans l'Aube et dans la Manche montrent qu'il n'y a aucun danger à vivre, cultiver, pêcher, chasser ou se promener à leur proximité. En Meuse/Haute-Marne, l'Andra a déjà mis en place un observatoire capable de décrire l'environnement actuel du site et d'en suivre l'évolution dès que les travaux du centre débuteront et tout au long de l'exploitation de celui-ci.

 

Comment mesurera-t-on l'impact du centre de stockage profond sur l'environnement et la santé ?

En 2007, l'Andra a créé l'Observatoire pérenne de l'environnement. Il décrit précisément l'environnement avant la construction du stockage et en suivra l'évolution durant son exploitation. Cela permettra de différencier, lors de son exploitation, les origines des perturbations éventuellement constatées, qu'elles soient industrielles, naturelles ou dues à des évolutions des pratiques agricoles. La radioactivité fera l'objet d'un suivi très approfondi. Sa détection sera réalisée à un seuil très bas et l'Andra sera donc en mesure d'identifier précisément son origine, ses causes et d'en suivre l'évolution à long terme. Dans la zone d'implantation des stockages, la surveillance sanitaire des populations relève de la compétence de l'État. Cependant, compte tenu de la nature du projet de stockage profond et de sa durée d'exploitation (supérieure à cent ans) ainsi que des interrogations légitimes sur la santé des riverains, l'Andra s'est rapprochée de l'Institut de veille sanitaire (InVS) pour mettre en place, à l'échelon régional, un dispositif approprié de collecte de données et de surveillance sanitaire autour du futur stockage profond.

 

Quelle sera la surface occupée par les installations ?

Les installations souterraines se déploieront au fur et à mesure de l'exploitation pour atteindre près de

15 km². Elles seront situées à environ 500 m de profondeur et se composeront principalement de zones de stockage pour les déchets. La superficie occupée par les installations de surface sera d'environ 300 ha. La partie située à l'aplomb des installations souterraines sera de l'ordre de 200 ha. Elle comprendra des bâtiments techniques nécessaires à la construction du stockage et une aire qui accueillera les déblais extraits lors du creusement progressif des alvéoles de stockage et des puits. L'autre partie des installations, reliée au stockage souterrain par une galerie inclinée (descenderie) de quelques kilomètres, s'étendra sur 100 ha. Elle comprendra principalement les installations nucléaires où les colis de déchets radioactifs seront contrôlés et conditionnés avant d'être transférés dans le stockage souterrain. Ce site comportera également une aire de stockage des déblais provenant du creusement de la descenderie.

 

Le sous-sol de Bure recèle-t-il des ressources géothermiques ?

À ce jour, aucune zone présentant un intérêt particulier en matière de géothermie n'a été identifiée dans le sous-sol de la région. La géothermie consiste à “capter” la chaleur accumulée dans le sous-sol, soit pour la production d'énergie, soit pour le chauffage de maisons, bâtiments… Plus on descend en profondeur, plus il fait chaud et ceci quel que soit l'endroit sur notre planète. Cette élévation de température est en moyenne de 3°C par 100 mètres. Dans le secteur du Bassin parisien où se situe le Laboratoire souterrain, elle est inférieure à cette valeur.

 

Est-on sûr que le stockage profond est la solution pour les "vies longues" ?

Oui. La géologie est la meilleure barrière qui soit sur le long terme. En effet, le milieu géologique ne nécessite pas d'intervention humaine pour limiter et retarder les radionucléides et les isoler de l'Homme aussi longtemps qu'ils présentent des risques.  En outre, cette solution de long terme évite aux générations futures de gérer les déchets produits aujourd'hui.

 

Que représenteront les transports de colis vers Cigéo ?

Le transport des colis vers Cigéo se fera dans des emballages spécifiques. Il sera encadré par la réglementation sur le transport des matières dangereuses et contrôlé par l'Autorité de sûreté nucléaire et les hauts fonctionnaires de défense et de sécurité des ministères. Les producteurs de déchets prévoient de livrer à Cigéo entre 700 et 900 emballages par an, ce qui représente en moyenne 100 trains par an (environ une dizaine de wagons par train), soit de l'ordre de deux trains par semaine. L'arrivée et le déchargement des trains s'effectueraient dans un « terminal ferroviaire », situé soit sur le site même des installations de surface de Cigéo, impliquant le prolongement du réseau ferré actuel qui ne dessert pas la zone de Bure/Saudron aujourd'hui, soit sur une voie routière existante.

 

Les installations de Cigéo vont-elles rejeter de la radioactivité pendant l'exploitation du Centre ? Quel sera l'impact pour les populations voisines ?

Les opérations réalisées sur Cigéo consistent à manipuler les colis sans les ouvrir. Il n'y a donc pas de risque de dispersion de radioactivité car l'absence de contamination de ces colis sera contrôlée au départ des sites d'entreposage et à l'arrivée sur Cigéo. Cependant, certains déchets radioactifs destinés à Cigéo émettent de faibles quantités de gaz radioactifs : tritium, carbone 14 et krypton 85 principalement. Ces émanations, qu'elles aient lieu en surface ou en souterrain, seront canalisées et dirigées vers des cheminées, ce qui permettra de contrôler les rejets dans l'environnement. Une première évaluation, sur des hypothèses pessimistes, indique que l'impact de ces gaz serait de l'ordre de 0,01 milliSieverts par an, soit très largement inférieur à la limite réglementaire de 1 mSv/an et à l'impact de la radioactivité naturelle (2,4 mSv/an en moyenne en France). Cette dose à laquelle pourraient être exposées en un an les populations voisines de Cigéo serait par exemple de l'ordre de celle reçue en 1 à 2 heures lors d'un vol long-courrier.

 

Comment sont pris en compte les risques d'accident de toutes natures qui peuvent intervenir sur Cigéo ?

Le stockage ne pourra être autorisé que si l'Andra démontre qu'elle maîtrise tous les risques. Cette maîtrise est fondée sur l'identification de toutes les sources potentielles de dangers, dont les conséquences pourraient remettre en cause la sûreté du centre et être à l'origine d'un impact, radiologique ou non, sur les travailleurs, les populations et l'environnement. De nombreuses  dispositions techniques et organisationnelles sont prises pour que la sûreté du stockage soit assurée en permanence. L'Andra prévoit ainsi des niveaux de défense successifs et suffisamment indépendants visant à :

-       prévenir les accidents,

-       détecter les dérives par rapport au fonctionnement normal,

-       mettre en œuvre les actions permettant d'empêcher que celles-ci ne conduisent à un accident,

-       rétablir la situation de fonctionnement normal.

Malgré ces dispositions, l'Andra suppose que des situations accidentelles puissent se produire et prévoit des niveaux de défense supplémentaires pour maîtriser et gérer ces situations afin d'en minimiser l'impact. L'ensemble des dispositions de sûreté sera évaluée par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et son appui technique, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

 

Quels sont les risques pris en compte dans la conception des centres de stockage ? Comment sont-ils pris en compte ?

Lors de la conception des centres de stockage, l'ensemble des risques externes et internes est pris en compte, qu'ils soient d'origine naturelle ou humaine : séisme, inondation, conditions climatiques extrêmes (vent, neige, pluie, foudre…), chute d'avion, environnement industriel (voies de circulation, présence d'autres installations présentant des risques…), malveillance, irradiation, incendie, explosion, facteurs humains et organisationnels... Ces risques sont caractérisés et les installations sont dimensionnées pour y résister avec une marge de sûreté, en suivant les règles de sûreté définies par l'Autorité de sûreté nucléaire.  Concernant le risque sismique par exemple, celui est évalué afin que les installations soient conçues pour résister à des séismes plus puissants que ceux envisageables dans les régions où elles sont implantées.  

 

Une intervention humaine sera-t-elle possible dans les galeries souterraines ? La manipulation des colis de déchets et leur stockage pourraient se faire de manière robotisée, le risque d'accident est-il pris en compte ?

Les galeries souterraines seront accessibles au personnel. La hotte blindée dans laquelle sont transférés les colis et les portes blindées des alvéoles permettent une intervention humaine dans les galeries si besoin. L'Andra étudie l'automatisation des opérations de transfert des colis depuis la surface jusqu'à leur emplacement de stockage. L'installation est conçue pour minimiser les risques d'accident : par exemple, les vitesses de circulation des véhicules et des engins de manutention seront très faibles (10 km/h environ pour les transferts en descenderie et en galeries, moins de 1 km/h pour les opérations de mise en place ou de retrait éventuel des colis dans les alvéoles de stockage). Les hauteurs de manutention des colis sont limitées et le stockage est conçu pour que même en cas de chute le confinement des déchets reste assuré. De même, les risques de collision sont réduits par la conception des engins.

 

Certains déchets radioactifs destinés à Cigéo dégagent de l'hydrogène. Y a-t-il un risque d'explosion ? Quelles mesures sont prises pour éviter ce risque ?

Certains déchets MA-VL, notamment ceux contenant des composés organiques, dégagent de l'hydrogène produit par radiolyse. Au-delà d'une certaine quantité, l'hydrogène peut présenter un risque d'explosion en présence d'oxygène. L'Andra fixe une limite au taux de dégazage des colis, qui fera l'objet de contrôles. Par ailleurs, pour éviter le risque d'explosion, les installations souterraines et de surface seront ventilées pendant toute la période d'exploitation du stockage, comme c'est le cas des installations d'entreposage dans lesquelles se trouvent actuellement ces déchets. Il s'agit d'éviter l'accumulation de gaz et de rester bien en dessous de la « limite inférieure d'explosivité » de l'hydrogène qui est de 4 %. Des dispositifs de surveillance seront mis en place pour détecter toute anomalie sur le fonctionnement de la ventilation. 

 

Des situations de panne de ventilation ont été envisagées, même si des systèmes secondaires de ventilation seront mis en place pour prévenir ces pannes. Une panne entraînerait une augmentation progressive de la concentration en hydrogène. Les analyses de l'Andra montrent, qu'en cas de panne, le délai pour atteindre 1 % est d'environ 10 jours, ce qui laisse le temps nécessaire pour rétablir la ventilation.

 

De plus, les conséquences d'une explosion au sein d'un alvéole de stockage ont tout de même été évaluées. Les résultats montrent que les colis ne seraient que faiblement endommagés ce qui ne compromettrait pas le confinement des substances qu'ils contiennent. Le déplacement des colis que pourrait entraîner cette explosion n'est pas suffisant pour provoquer une chute de colis.

 

Un incendie est-il possible dans le stockage profond ? Comment limiter ce risque et intervenir à une telle profondeur ? Quelles en seraient les conséquences ?

Comme dans toute installation, le risque d'incendie doit être pris en compte. Pour le réduire, une première mesure consiste à limiter la quantité de produits combustibles ou inflammables dans les équipements du stockage. Contrairement au cas des tunnels routiers où les véhicules constituent des sources de combustibles importantes, il n'y aura pas de véhicule à moteur thermique dans les installations nucléaires de Cigéo. De plus, des dispositifs de détection incendie seront répartis dans les installations pour détecter rapidement et localiser tout départ de feu et des systèmes automatiques de lutte contre l'incendie seront répartis dans les installations en vue d'éteindre rapidement tout départ de feu. Malgré toutes ces dispositions, une situation d'incendie est quand même considérée par prudence. Des systèmes de compartimentage et de ventilation sont prévus pour limiter la propagation du feu et ses conséquences. L'architecture souterraine du stockage permettra aux secours d'intervenir dans des galeries à l'abri des fumées et facilitera l'évacuation du personnel. Le maintien d'une filtration en situation accidentelle permet de limiter la dispersion dans l'environnement de substances qui pourraient avoir été relâchées par les colis.

 

Une fois le stockage fermé, l'hydrogène produit dans le stockage ne sera plus évacué par la ventilation. Quel impact cela-peut-il avoir sur la roche et sur son imperméabilité ?

De nombreux travaux sont réalisés sur des échantillons et dans le Laboratoire souterrain de l'Andra et dans ceux de ses homologues pour étudier la migration de l'hydrogène dans les matériaux du stockage et dans la roche argileuse.

Les résultats de ces travaux montrent que les gaz produits, principalement de l'hydrogène issu de la corrosion des aciers, ne sont pas suffisants pour générer des pressions conduisant à la fracturation de la roche.

 

 

Si des colis étaient retirés du stockage pendant la période de réversibilité, ils devraient pouvoir être entreposés dans des installations de surface. Où seront situés ces entrepôts ?

Cigéo disposera d'une capacité d'entreposage limitée, qui sera capable d'accueillir des colis retirés dans le cadre d'opérations ponctuelles (à des fins de démonstration de la réversibilité ou de contrôles par exemple). En revanche il n'est pas envisagé de doter Cigéo de grandes capacités d'entreposage, ni de maintenir sur les sites nucléaires existants des entrepôts laissés inutilement vides. Au cas où il serait décidé de retirer de Cigéo un grand volume de colis, les installations de surface dédiées à la gestion de ces colis retirés seraient construites au fur et à mesure des besoins. Cela permet de disposer au moment où l'on en aurait besoin d'installations neuves et parfaitement adaptées. Ces nouveaux entrepôts pourraient être situés soit sur le site de Cigéo, soit sur un autre site, par exemple un site actuel de production et d'entreposage de colis. L'expérience industrielle montre que la construction d'un entrepôt peut être réalisée sur une durée de l'ordre de cinq années (4 ans pour l'extension en cours de l'entreposage de déchets de haute activité vitrifiés à l'usine AREVA NC de La Hague).

 

Si la décision était prise de récupérer des colis stockés, le temps nécessaire au retrait de ces colis serait aussi long que le temps nécessaire à leur stockage. Si un accident se produisait après plusieurs années d'exploitation, il faudrait donc plusieurs années ans pour remonter les colis. Cela remet-il en cause de concept de réversibilité ?  

La manipulation de colis de déchets radioactifs doit s'effectuer dans le respect de la sécurité et de la sûreté des opérateurs et de l'installation. Maîtriser les risques implique des dispositifs rigoureux et précis, avec notamment des vitesses lentes de déplacement et des points d'arrêt et de contrôle entre chaque opération. Si elle était décidée, une opération de retrait de colis devrait s'effectuer dans les mêmes conditions de sécurité et de sûreté que la mise en stockage. Elle impliquerait donc les mêmes types de dispositions en matière de manutention, d'où des temps de retrait du même ordre de grandeur. La réversibilité ne peut pas être assurée au détriment de la sûreté, elle constitue une fonctionnalité supplémentaire.

 

Y a-t-il un risque de criticité dans le stockage profond (risque de fission de matières comme le plutonium qui peut intervenir si ces matières sont concentrées) du fait de la présence de radionucléides comme le plutonium dans les colis de déchets ?

Dans le stockage profond, les déchets ne contiennent pour la plupart que des quantités faibles de matières fissiles, Le risque de criticité est cependant systématiquement évalué par précaution, et il est vérifié que la géométrie des colis et leur disposition dans le stockage excluent tout risque de criticité.

 

Les travailleurs du futur centre de stockage profond ne seront-ils pas trop exposés à la radioactivité ?

La conception de l'installation prend en compte la réglementation applicable pour les travailleurs. L'exposition aux postes de travail sera bien en-deçà des seuils réglementaires. Ceci est notamment obtenu par la séparation physique des zones en construction et des zones en exploitation, par l'automatisation des opérations de transfert des colis, et par la gestion séparée des flux de ventilation.

 

L'Andra dispose-t-elle d'une estimation de l'impact radiologique d'un transport de déchets radioactifs (selon le type de déchets et le mode de transport) ?

Les colis de déchets seront livrés, par les producteurs, dans des emballages de transport conçus pour être étanches et résistants afin d'éviter la dispersion des substances qu'ils contiennent même en cas d'accident (collision, incendie, immersion…). Ces emballages sont composés de plusieurs couches de matériaux qui permettent également de réduire les risques d'irradiation conformément à la réglementation en vigueur. Celle-ci établit que la quantité de rayonnements reçus par une personne qui resterait à 2 mètres du véhicule pendant une heure ne doit pas dépasser 0,1 milliSievert, quel que soit le type de déchets transportés. La sûreté de ces transports et le respect de la réglementation sont contrôlés par l'Autorité de sûreté nucléaire. Cette réglementation s'applique déjà par exemple pour les combustibles usés qui partent des centrales nucléaires pour l'usine de traitement d'AREVA NC à la Hague et pour les déchets étrangers qui repartent dans leur pays d'origine après traitement du combustible usé par AREVA.

 

Pour plus d'informations http://www.asn.fr/index.php/Les-activites-controlees-par-l-ASN/Transports-de-matieres-radioactives

 

 

  
  
  
Page mise à jour le Mercredi 13 Juin 2012 à 9h05