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Déchets radioactifs & Cinéma : « Un film, ce n’est pas forcément un message, c’est plutôt créer la possibilité d’un débat »

Chaque année, l’Andra organise un concours de courts-métrages destiné aux jeunes passionnés de sciences et de cinéma : « Regards sur les déchets radioactifs ». Le principe ? Proposer un scénario avec un regard singulier sur la gestion des déchets radioactifs pour sensibiliser les jeunes à ce sujet de société. Le lauréat reçoit une subvention de l’Andra qui lui permet de réaliser son film. Entretien avec Matthias Eyer, vainqueur de l’édition 2019 du concours avec « Le Bidon de l’Aube ».

Tournage du film
© Matthias Eyer

Quelques mots sur vous pour commencer ?

Je m’appelle Matthias Eyer. Je suis né à Angers. J’ai fait un fantastique BTS audiovisuel à Montaigu en Vendée. Dans la foulée, je me suis installé à Saint-Denis, en région parisienne, pour suivre un cursus audiovisuel à l’École nationale supérieure Louis Lumière. J’en suis sorti il y a maintenant trois ans. Depuis, je fais mon petit bout de chemin dans le cinéma et l’audiovisuel : quelques longs-métrages en tant que responsable de la vidéo, chef opérateur et réalisateur pour des clips... À côté de ça, j’écris de la poésie et je fais aussi un peu de peinture. « Le Bidon de l’Aube », que nous avons tourné en août dernier, sera ma première fiction en tant que réalisateur, hors école.

 

Affiche du film

Pourquoi participer au concours « Regards sur les déchets radioactifs » ? Qu’est-ce qui vous a motivé ?

J’ai entendu parler du concours « Regards » via mon école qui nous a fait suivre l’annonce. Au début, j’avoue que je me suis posé pas mal de questions. Je me suis dit : « Pourquoi faire un film pour l’Andra ? » Parce qu’effectivement, de prime abord, ce concours pourrait laisser penser que l’objectif est de proposer une vidéo institutionnelle pour l’Andra… Or, en lisant le règlement du concours, on s’aperçoit vite que ce n’est pas du tout le cas. Au contraire, il s’agit de proposer une œuvre libre de ton… ce qui est assez motivant. J’ai d’ailleurs opté pour un genre plutôt décalé : la comédie satirique. Je pense par ailleurs que la meilleure façon d’informer, c’est de pousser les gens à s’informer par eux-mêmes, et l’image peut être un bon vecteur pour ça.

 

Aviez-vous des connaissances sur les déchets radioactifs avant de participer au concours ?

Oui, parce que je suis quelqu’un de naturellement curieux. Je pense que le poète doit s’informer de tout et de n’importe quoi. Au-delà de ça, venant de la campagne, je me sens assez touché par les causes écologistes comme la gestion des déchets de façon générale et des déchets radioactifs en particulier… Parce que quand on dit déchets radioactifs, on oublie bien souvent que ce sont avant tout des déchets… et mon film parle de cela.

 

TOurnage du film
© Matthias Eyer

Souhaitiez-vous faire passer un message dans votre film ?

Howard Hawks (cinéaste américain) disait : « Si je veux faire passer un message, j’écris dans le Daily Telegraph. » Je pense qu’un film, ce n’est pas forcément un message, c’est plutôt créer la possibilité d’un débat. Je veux inciter les gens à se créer une opinion, les sensibiliser à ces sujets pour qu’ils puissent parler en connaissance de cause. Pendant mon travail de recherche pour écrire le scénario, j’ai moi-même découvert plein de choses que j’ignorais sur les déchets radioactifs. Parler de déchets radioactifs, ça peut faire peur… mais on ne sait même pas à quoi ça ressemble. Or, il y en a de tous types. Et ça, les gens ne le savent pas toujours. J’ai décidé de traiter des déchets radioactifs qui ne nous viennent pas directement à l’esprit, ceux de très faible activité qui, bien qu'étant peu contaminants, représentent la part la plus importante en termes de volume.

 

Votre réaction à l’annonce du résultat ?

Je ne pensais pas que l’Andra sélectionnerait un scénario écrit par un gauchiste libertaire comme moi. Mais j’ai été plutôt agréablement surpris ! [...] Des gens m’ont dit : « Quoi ?! Tu vas faire un film pour l’Andra ? Mais ils enfouissent des déchets à Bure. » C’est évidemment un grand raccourci. À Bure, aucun déchet n’est encore stocké. Et l’Andra, c’est l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs. Dans un pays nucléarisé comme la France, l’Andra se doit d’exister pour gérer les déchets radioactifs.

 

Pour découvrir le court-métrage de Matthias Eyer, rendez-vous d’ici la fin du mois d’octobre au festival Parisciences, dont l’Andra est partenaire. Son film y sera projeté en avant-première.

 

 

 

 

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