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Accord de coopération franco-allemand : un échange d’expérience réciproque autour de la gestion des déchets radioactifs

Mercredi 6 mai 2026, l’Andra et son homologue allemand, la Bundesgesellschaft für Endlagerung, ont signé un accord de coopération. Conclu entre leurs directrices générales respectives, Lydie Evrard et Iris Graffunder, cet accord s’inscrit dans la continuité des relations engagées entre les deux organismes depuis plusieurs années.

Signature de l'accord de coopération entre l'Andra et la BGE

À travers cet accord de coopération, l’Agence et son homologue allemand, la Bundesgesellschaft für Endlagerung (BGE), renforcent leurs échanges en matière de gestion des déchets radioactifs. Un texte qui marque la volonté commune de poursuivre le travail collaboratif et vient structurer les échanges pour les cinq prochaines années. Une première coopération avait été signée en 2018, suite à la création de la BGE en 2017, pour une durée de cinq ans, jusqu’en 2023. Le nouvel accord Andra–BGE est ainsi fondé sur le bénéfice mutuel et la réciprocité. Il couvre les principaux domaines d'expertises des deux agences : les deux parties peuvent échanger sur leurs projets respectifs de stockage profond des déchets radioactifs en partageant des informations techniques et des retours d’expérience tout en permettant des visites de terrain.

Sur le terrain

Conjointement à la signature de l’accord, les collaborateurs de l’Andra présents ont été invités à visiter la mine d’Asse, une ancienne mine de sel utilisée de 1967 à 1978 comme site de stockage de déchets radioactifs de faible et moyenne activité. Situé à 700 mètres de profondeur, le site est confronté depuis plusieurs décennies à une instabilité de la mine liée à des problèmes d’infiltrations de saumure. Le Parlement allemand a adopté en 2013 une loi visant à récupérer les déchets du site, une opération complexe sur les plans technique, industriel et de sûreté.
Cette visite a permis à l’Andra de prendre connaissance des opérations menées sur place par la BGE et d’observer les dispositifs de surveillance mis en place. Pour la gestion définitive des déchets de faible et moyenne activité, le gouvernement allemand a choisi, en 2019, le site de l’ancienne mine de fer de Konrad, en Basse-Saxe. L’installation située à 850 m de profondeur, d’une capacité d’accueil de 303 000 m3, devrait être opérationnelle en 2030.

Visite de la mine d'Asse, en Allemagne

Echange de bons procédés pour l’avenir

En parallèle, dans un contexte d’arrêt des centrales nucléaires décidées en 2011, l’Allemagne travaille à l’implantation d’un site de de stockage en profondeur pour les déchets les plus radioactifs. À ce titre, la BGE souhaite bénéficier de l’expérience de l’Andra sur Cigéo. L’organisme allemand s’intéresse en particulier au développement par étapes et à l’organisation du projet français depuis 1991, ainsi qu’aux connaissances sur le stockage en formation argileuse, acquises grâce à l’expérience scientifique et industrielle développée au sein du Llaboratoire souterrain de l’Agence. Enfin, la BGE s’intéresse à la stratégie de communication et de dialogue de l’Andra avec les parties prenantes autour du projet. 

L’Andra, de son côté, s’intéresse à la stratégie d’information et de dialogue avec les parties prenantes de la BGE et observe le processus de sélection d’un site de stockage en profondeur mené par la BGE. Dans le cadre de ce processus de recherche, l’ensemble du territoire allemand a été initialement considéré puis progressivement réduit à la moitié, et aujourd’hui à un quart des territoires du pays. Des formations géologiques salines, granitiques et argileuses sont considérées.

Mine d'Asse, Allemagne

Quel est le rôle de la BGE ?

Créée en 2017, la Bundesgesellschaft für Endlagerung est l’organisme public fédéral allemand chargé de la gestion à long terme des déchets radioactifs. Dans le contexte de la sortie du nucléaire engagée par l’Allemagne après Fukushima et achevée en 2023 avec l’arrêt des derniers réacteurs du pays, la BGE occupe désormais une place centrale dans la stratégie allemande de gestion des déchets radioactifs. Ses missions couvrent à la fois :

  • la recherche d’un site de stockage géologique profond pour le combustible usé et les déchets de haute activité ;
  • le développement et l’exploitation des futurs centres de stockage définitif pour les déchets de faible et moyenne activité ;
  • la gestion et la réhabilitation des anciens sites historiques comme Asse II, Morsleben ou Gorleben.