Aller au contenu principal

Rencontre avec Obiyann : l’humour au service de la vulgarisation scientifique

Quand il est à son poste d’ingénieur de sûreté nucléaire, tout le monde l’appelle Yann Richard. Mais sur YouTube, il est Obiyann, un vulgarisateur scientifique amateur de Star Wars. Mêlant décryptage de notions techniques et nombreux traits d’humour, il a conquis l’attention de plus de 15 000 abonnés et multiplie les vidéos sur le nucléaire. La dernière en date nous emmène au sein du Laboratoire souterrain de l’Andra qu’il a visité récemment. Rencontre avec un passionné de science !

Comment en êtes-vous venu à faire de la vulgarisation scientifique en vidéo ?

Je regarde beaucoup YouTube et je trouvais que les contenus permettant de comprendre mon domaine d’activité étaient peu nombreux ou peu visibles. J’ai eu envie d’apporter ma pierre à l’édifice en étant le plus accessible possible et je me suis lancé. J’aime le lien qui se crée avec les internautes. Je réponds à leurs questions et j’ai l’impression de transmettre mes connaissances.

Comment choisissez-vous vos sujets et élaborez-vous vos vidéos ?

En ce qui concerne les sujets, je propose à ceux qui me regardent d’indiquer en commentaire ce qui les intéresserait. Or, depuis dix-huit mois, la majorité des demandes concerne le nucléaire. Quant à la fabrication de mes vidéos, c’est un long processus : il faut entre 40 et 60 heures de travail pour une vidéo de 20 à 30 minutes, et j’en publie une par mois. 
Tout d’abord, j’effectue de nombreuses recherches via des sources fiables, telles que l’Agence de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) et le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Puis, je rédige un script avant d’approfondir certains éléments. Enfin, j’insère des blagues pour rendre le tout plus digeste et maintenir l’attention.

Vous faites référence à des notions difficiles à expliquer, comment trouvez-vous le bon équilibre entre simplifier pour être compris et rester rigoureux ?

Ce n’est pas évident, d’autant qu’il y a beaucoup d’idées reçues sur le nucléaire et que j’ai une communauté très diverse. Certains ont des connaissances pointues alors que d’autres découvrent le secteur… J’essaie de décortiquer les termes en utilisant des équivalences plus parlantes ou des images, et je m’appuie aussi sur les vidéos d’autres vulgarisateurs. Je ne veux pas seulement définir des acronymes, donc je m’efforce d’expliquer en détail et de varier la forme pour le faire.

Comment en êtes-vous venu à visiter le Laboratoire souterrain de l’Andra ?

Obiyann dans l'une des galeries du Laboratoire souterrain, accompagné de collaborateurs de l'AndraÀ la fin d’une vidéo sur les déchets radioactifs que j’avais réalisée à la demande d’un internaute, j’interpellais l’Andra en disant que j’aimerais visiter le Laboratoire. L’Andra m’a contacté et la visite a été organisée ! Ma vidéo avait beaucoup plu à ma communauté, car j’avais détaillé toutes les catégories de déchets radioactifs en précisant leur provenance et en détaillant les risques. J’avais aussi pris le temps d’expliquer ce qu’était la loi de décroissance radioactive qui n’est pas très connue. Visiter le Laboratoire était une opportunité formidable de poursuivre ma démarche pédagogique.

« Visiter le Laboratoire souterrain était une opportunité formidable pour poursuivre ma démarche pédagogique. »

Qu’est-ce qui vous a marqué durant cette visite ?

Très clairement, le gigantisme ! Les tunnels sont impressionnants, cela coupe le souffle. Et 500 mètres de profondeur, c’est colossal ! Les 5 minutes d’ascenseur m’ont semblé très longues… Au-delà des installations, j’ai été marqué par l’accueil de l’équipe, et notamment le service Communication qui m’a permis de faire une vidéo immersive comme je le souhaitais. La personne qui m’a reçu avait à la fois le désir de transmettre et la capacité d’expliquer des notions complexes. Elle répondait à tout, c’était incroyable ! 
Grâce à son implication, nous avons abordé de nombreux thèmes en plus de Cigéo. J’ai pu parler des enjeux de mémoire, par exemple, un sujet essentiel pour la gestion des déchets radioactifs. Comment va-t-on transmettre des informations à ceux qui vivront dans 1 000 ans ? Je savais que cela passionnerait ma communauté. Interroger le responsable sûreté a été un vrai « plus » aussi pour montrer avec quel niveau de prudence ces projets avancent, à quel point nous nous situons dans un temps très long et combien chaque étape est strictement encadrée par d’autres instances. Les internautes qui me suivent ont beaucoup apprécié ce reportage qui alliait théorie et mise en pratique.

Et maintenant, quels sont vos projets ?

J’ai beaucoup de chance, car de belles choses se préparent… mais il faudra aller sur ma chaîne pour le voir !

 

 

Vulgarisateurs scientifiques sur YouTube : un petit monde d’entraide

Écriture de scripts, montage vidéo, effets visuels et sonores… Pour devenir Obiyann, Yann Richard a appris tout seul, à la fois en s’exerçant et en s’inspirant d’autres vulgarisateurs scientifiques plus aguerris. Peu nombreux, ces derniers forment une communauté où les idées de sujets s’échangent en fonction des spécialités de chacun. Un atout non négligeable pour enrichir l’ensemble des contenus diffusés.

.

En vidéo : Obiyann au Laboratoire souterrain de l'Andra

Retrouver la chaîne YouTube d'Obiyann