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L’expertise scientifique au cœur de Cigéo : entretien avec Stéphane Piednoir, président de l’OPECST

Le sénateur Stéphane Piednoir, président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), s’est rendu au Centre de Meuse/Haute-Marne dans le cadre de la demande d’autorisation de création de Cigéo.

Quelle est la mission de l’OPECST sur Cigéo ?

De manière générale, l’OPECST peut être saisi par des commissions parlementaires de l’Assemblée nationale ou du Sénat et produire des notes scientifiques sur des sujets jugés pertinents. Nous organisons également des auditions publiques lorsqu’il y a nécessité d’expertise scientifique. Pour Cigéo, notre saisine découle de la loi, dans le cadre de la DAC déposée par l’Andra. Nous avons un rapport et un avis à produire. Il est essentiel que le Parlement puisse s’appuyer sur un travail structuré et fondé sur les données disponibles.

« Nos conclusions s’inscriront dans la continuité de celles de l’ASNR et de la CNE2. »

Stéphane Piednoir, Président de l'OPECST

Comment abordez-vous ce travail ?

Nous avons auditionné l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) et la Commission nationale d’évaluation des recherches et études relatives à la gestion des matières et déchets radioactifs (CNE2) le 4 décembre dernier. Soyons clairs : nous allons produire un rapport dont les conclusions ne peuvent pas être orthogonales à celles de ces deux instances. Nous tiendrons compte des observations formulées et nous donnerons un avis.

Que vous apporte la visite du Laboratoire souterrain de l’Andra ?

Elle permet d’obtenir des explications complémentaires sur les contraintes techniques, géologiques, physiques et chimiques du projet. L’Andra dispose d’une expertise qui progresse dans le temps et il est important, pour des parlementaires, de confronter les analyses aux réalités du terrain.

Le projet suscite encore des divergences. Comment les abordez-vous ?

Il faut se dire que les déchets sont là, ils existent. D’autres projets et d’autres sites ont été étudiés, à la suite de quoi un choix a été fait. Et Cigéo a été reconnu d’utilité publique en 2022. On peut débattre, c’est normal en démocratie. Mais il faut désormais avancer sur cette base et que cela se passe le mieux possible pour assurer une cohérence législative dans l’accompagnement du projet.

Quel calendrier pour la suite ?

Nous prévoyons de remettre notre rapport avant la suspension parlementaire de l’été. Il sera présenté au sein de l’OPECST et les parlementaires qui le souhaitent pourront s’en saisir. Cette procédure s’inscrit dans un cadre démocratique où les expertises sont publiques et les débats ouverts.