Préparer les solutions de demain
Le démantèlement des installations nucléaires va progressivement accroître les volumes de déchets radioactifs à gérer, en particulier de très faible activité (TFA). Malgré l’augmentation de sa capacité de stockage, le Cires ne pourra pas accueillir à lui seul l’ensemble de ces déchets. Une situation anticipée depuis longtemps par l’Andra. C’est pourquoi l’Agence et les producteurs de déchets étudient les options de gestion possibles pour répondre aux besoins des décennies à venir.
Conformément au Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR), l’Andra a mis à jour son schéma industriel de gestion des déchets TFA en apportant une vision éclairée des volumes et des flux à venir, ainsi qu’en identifiant les options de gestion envisageables. « Nous avons effectué cette révision en lien avec les producteurs de déchets », explique Virginie Wasselin, cheffe du service Stratégie filières de l’Andra.
Assurer la continuité du stockage des déchets TFA au-delà du Cires
Le schéma révisé dresse l’état des lieux de la gestion des déchets TFA. Le principal mode de gestion est aujourd’hui le stockage centralisé au Cires. En augmentant la capacité de stockage de ce dernier, le projet Acaci lui permettra d’accueillir des déchets TFA jusqu’en 2045. « Mais il faut prévoir des solutions pour la suite et les mettre en oeuvre suffisamment rapidement pour assurer la continuité de service », souligne Virginie Wasselin. Plusieurs pistes sont à l’étude :
- réaliser une extension du stockage actuel,
- associer un deuxième site de stockage de déchets TFA au centre étudié pour le stockage à faible profondeur de déchets FA-VL, sur le territoire de la Communauté de communes de Vendeuvre-Soulaines.
« Ces solutions présentent de nombreux avantages, poursuit Virginie Wasselin. Nous avions initialement envisagé la création de sites décentralisés situés à proximité des installations à démanteler ou en cours de démantèlement, mais les délais nécessaires à leur création ne permettraient pas d’assurer la continuité du service lorsque le Cires arrivera en fin d’exploitation. »
Réduire le volume de déchets
L’augmentation des capacités de stockage n’est pas le seul levier envisagé. L’objectif est aussi de réduire les volumes de déchets destinés au stockage lorsque cela est possible et autorisé par la réglementation. Depuis 2022, des dérogations au Code de la santé publique permettent, sous certaines conditions, de valoriser les déchets métalliques faiblement radioactifs. EDF prévoit ainsi de construire, à côté de Fessenheim, un Technocentre destiné à recycler 25 000 tonnes de métaux par an et qui pourrait entrer en service dès 2031. D’autres pistes portent sur le recyclage du plomb ou encore le réemploi de gravats inertes…
« Toutes les options n’ont pas le même degré de maturité et devront certainement être combinées », conclut l’experte.