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Radiothérapie : détruire les cellules cancéreuses

Les rayonnements radioactifs sont largement utilisés dans la lutte contre les cancers. Aujourd’hui, les sources scellées utilisées pour la radiothérapie externe ont été remplacées par des accélérateurs de particules qui n’émettent des rayonnements que lorsqu’ils sont alimentés électriquement. On distingue la radiothérapie externe, qui consiste à générer des rayons X ou des électrons qui traversent la peau pour atteindre une tumeur cancéreuse et la détruire, et la radiothérapie interne, où des radionucléides sont administrés au patient. On parle de radiothérapie interne vectorisée (RIV) lorsqu’ils sont couplés à une molécule qui permet de cibler les cellules cancéreuses.

L'exposition à la radioactivité dans le domaine médical

Radioactivité et biologie

« Les doses utilisées en radiothérapie sont près de dix fois supérieures à celles utilisées pour l’imagerie, mais elles sont extrêmement localisées », souligne le Dr Serge Maia. Là encore, la durée de vie très courte des radionucléides permet leur gestion en décroissance dans les centres de médecine nucléaire, « à l’exception de ceux utilisés en biologie médicale, pour les analyses “radioimmunologiques” in vitro, dont les périodes radioactives peuvent dépasser les cent jours », précise le radiopharmacien. Les flacons de scintillation utilisés pour ces analyses font l’objet d’une catégorie à part entière dans le Guide d’enlèvement des déchets, pour en assurer la prise en charge. 

« Le Centre industriel de regroupement, d’entreposage et de stockage (Cires) de l’Andra dans l’Aube dispose d’une machine qui broie les fioles puis les centrifuge afin de séparer les liquides et les solides. Jusqu’à présent, nous demandions aux hôpitaux, aux laboratoires et aux centres de recherche de distinguer les flacons en polyéthylène de ceux en verre. Ce n’est maintenant plus nécessaire, notre machine peut traiter ces flacons de la même façon, ce qui facilite grandement le quotidien des hôpitaux », explique Damien Dubois, responsable du Guide d’enlèvement à l’Andra.

De nouveaux traitements

Préparation de radiopharmaceutiques
Fiole de plomb 212 pour une injection dans le cadre d’une alphathérapie ciblée

Une nouvelle génération de radiothérapie interne vectorisée (RIV) est en train de voir le jour. Orano Med développe des alphathérapies ciblées à partir du plomb 212, un radionucléide générateur de rayonnement alpha avec une demi-vie de 10,6 heures. Sa production est entièrement chimique, par extractions et purifications successives des descendants du thorium 232, sans recours à un cyclotron ou à un réacteur nucléaire. « En octobre 2025, Orano Med et Sanofi ont présenté des résultats prometteurs issus d’un essai clinique de phase 2 avec leur candidat médicament le plus avancé, AlphaMedix™, dans les tumeurs neuroendocrines. Orano Med développe plusieurs traitements ciblant des récepteurs ou antigènes présents dans différents cancers. Deux essais cliniques sont en cours chez l’être humain afin d’évaluer la sécurité et l’efficacité de ces alphathérapies au plomb 212, notamment dans certains cancers gastrointestinaux, du pancréas, du poumon, de la prostate ou du sein. Et deux nouveaux essais cliniques de phase 1 devraient être lancés au premier semestre 2026 », détaille Sophie Letournel, présidente et directrice générale par intérim d’Orano Med. « Les déchets que nous ne gérons pas en décroissance sont pris en charge par les centres de stockage en surface de l’Andra », souligne-t-elle.

Des déchets hors catégorie

Enfin, certains usages médicaux engendrent des déchets non standards. « Exceptionnellement, on nous contacte pour des sources de curiethérapie anciennes, au radium, dont l’usage est proscrit en France depuis 1977 et, plus couramment, pour les matériaux issus du démantèlement d’accélérateurs utilisés en radiothérapie externe ou pour produire du fluor 18. Un accélérateur démantelé représente un volume d’environ 1 m3 pour une tonne. Ses pièces ont été activées : elles sont devenues radioactives, au fil des usages. Pour les gérer, il faut les caractériser, ce qui n’est pas toujours simple, même si les mesures indiquent que ces pièces sont majoritairement de très faible activité après deux ans d’arrêt », détaille Christophe Dumas, responsable de la prise en charge des déchets des producteurs non électronucléaires à l’Andra.

 

Stérilisation

L’irradiation par faisceaux d’électrons, rayons X ou rayonnement gamma est aussi couramment employée pour stériliser le matériel chirurgical et médical à travers son emballage : dispositifs à usage unique tels que les seringues ou les gants chirurgicaux, mais aussi poches de transfusion, prothèses, plaques et vis avant leur administration ou implantation aux patients. Pour l’irradiation par rayonnement gamma, les industriels recourent à des sources scellées de cobalt 60 ou de césium 137. Quand elles sont périmées, ces sources sont retournées à leur fournisseur. Les sources scellées usagées, de période inférieure ou égale à 31 ans (comme le césium 137 [30,1 ans] et le cobalt 60 [5,27 ans]), sont considérées comme des déchets de faible et moyenne activité, principalement à vie courte (FMA-VC), et stockées au Centre de stockage de l’Aube.