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Sellafield et le stockage LLWR : deux visites clés pour mieux comprendre l’écosystème nucléaire britannique et approfondir la collaboration franco-britannique

Les équipes de l’Andra étaient en Grande-Bretagne les 23 et 24 juillet derniers pour une double visite : le site de Sellafield, plus grand complexe nucléaire du Royaume-Uni, et le centre de stockage LLWR, dédié au stockage des déchets radioactifs de faible activité. Une opportunité pour l’Agence et son homologue britannique d’échanger, de favoriser le partage de connaissances et de renforcer leur coopération bilatérale. 

Le centre de stockage de LLWR renforce sa couverture

En exploitation depuis 1959, le Low Level Waste Repository (LLWR), situé à Drigg, a stocké jusqu’à ce jour environ 1 000 000 m³ de déchets radioactifs de faible activité. Le stockage a connu plusieurs évolutions de concept. D’abord disposés dans des tranchées, les colis sont désormais stockés dans des ouvrages sur une plateforme bétonnée, selon un concept s’apparentant à celui du CSA. L’exploitation du site est prévue jusqu’en 2135. 

NWS (voir encadré), en charge de l’installation, a lancé d’importants travaux de renforcement de la couverture du site (projet STIM, pour Southern Trench Interim Membrane), qui seront conduits en plusieurs phases. La phase 1 du projet implique ainsi l’approvisionnement d’environ 299 000 tonnes de matériaux de recouvrement, acheminés sur le site par environ 339 trains.

Sellafield, ou le défi du démantèlement au Royaume-Uni

©Michael Lishman

La visite s’est poursuivie quelques kilomètres plus loin, sur le site nucléaire de Sellafield, connu pour avoir accueilli la première centrale nucléaire au monde. En 1947, le site ouvrait ses portes avec pour mission la production de plutonium, un élément radioactif destiné à la dissuasion nucléaire britannique. Avec l’évolution des priorités nationales, la première centrale de production d’électricité nucléaire est construite. Des installations de traitement du combustible nucléaire usé ont également été mises en place, ainsi que d’entreposage pour différents types de déchets radioactifs. Aujourd'hui, le site de Sellafield représente l'un des chantiers de démantèlement et d’assainissement les plus importants d'Europe. 

Après une présentation générale du programme britannique de stockage géologique profond pour les déchets les plus radioactifs, le Geological Disposal Facility, les collaborateurs de l’Andra ont été invités à visiter plusieurs des installations du site : l’entreposage temporaire en silo des gainages de combustibles issus des premiers réacteurs nucléaires britanniques (pile fuel cladding silo PFCS), l’installation de vitrification des déchets de haute activité issus du retraitement du combustible usé et l’usine de conditionnement des déchets de moyenne activité issus des opérations de retraitement.

Une coopération bilatérale de longue date, toujours plus poussée

La coopération bilatérale entre l’Andra et NDA s’inscrit dans une perspective de long terme, depuis 2008. L’Andra et la NDA ont renouvelé, le 9 décembre 2024, leur accord de coopération bilatérale pour cinq ans. 
Un accord qui porte à la fois sur le stockage de déchets radioactifs en surface pour lequel les deux pays disposent d’installations en fonctionnement, et sur le stockage géologique profond. Ainsi, dans le cadre de cette coopération, six groupes de travail bilatéraux travaillent sur des sujets tels que la R&D, la caractérisation géologique, la conception d’un stockage géologique, la surveillance de l’environnement, les inventaires de déchets, la communication ou encore les ressources humaines. 

Les visites du stockage LLWR et de Sellafield s’inscrivent dans ce cadre de coopération, pour mieux comprendre les projets respectifs et de développer davantage cette relation bilatérale, qui permet aux équipes techniques de l’Andra et de NDA/NWS d’échanger et de partager sur leurs retours d’expérience respectifs dans la conduite de projets similaires.

Pour en savoir plus sur la gestion des déchets radioactifs au Royaume-Uni

Quelle stratégie pour la NDA ?

La Nuclear Decommissioning Authority (NDA), est l’organisme public chargé de superviser et de gérer le démantèlement et l’assainissement des installations nucléaires du pays. Au sein du groupe NDA, Nuclear Waste Services (NWS), homologue de l’Andra, est l’entité en charge de la gestion de l’ensemble des déchets radioactifs britanniques.

Le Royaume-Uni hérite d’un patrimoine nucléaire complexe issu de programmes militaires historiques, du développement des premiers réacteurs, de la production d’électricité nucléaire et des activités de retraitement du combustible. Ces activités ont généré d’importants volumes de déchets radioactifs nécessitant une gestion à très long terme et impliquent la gestion d’installations vieillissantes. La NDA supervise aujourd’hui 18 sites, et le pays possède l'un des plus grands inventaires de déchets radioactifs à gérer au monde. 
La NDA définit l’orientation à long terme pour la gestion, le démantèlement et la réhabilitation du patrimoine nucléaire britannique. La gestion des déchets, le démantèlement et la réhabilitation des sites constituent la mission centrale de la NDA. La stratégie intègre des évolutions majeures avec la mise à l’arrêt progressif des réacteurs avancés refroidis au gaz, l'appui au gouvernement britannique dans la relance du nucléaire civil et le développement du nucléaire de défense et le renforcement des infrastructures de gestion des déchets. 
Cette stratégie prévoit également le démantèlement dans les meilleures conditions de sûreté, des installations, ainsi que la récupération des déchets radioactifs, la réduction des risques environnementaux et la décontamination progressive des sites. 

Les similarités entre les programmes historiques français et britanniques en termes de technologies et de cycle du combustible depuis le début de leurs programmes nucléaires ouvrent des perspectives vers toujours plus de coopération industrielles et de recherche dans le domaine de l’assainissement, du démantèlement et de la gestion des déchets.