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Cigéo : les mouvements de la terre à l’étude

Une nouvelle station géodésique modernisée vient d’être mise en place au Centre de l’Andra en Meuse/Haute-Marne. Un outil indispensable pour étudier les mouvements de la terre.

« La station géodésique BUAN (pour Bure-Andra) a trois objectifs de natures différentes pour l’Andra », indique Frédéric Ego, ingénieur géologue à la direction recherche et développement de l’Andra, spécialiste des séismes. D’abord, elle vise à mieux comprendre les déformations de la plaque ouest-européenne sur laquelle repose le Bassin parisien, des Alpes à la mer du Nord. La station géodésique participera à l’acquisition de connaissances sur les mouvements de la terre. Les chercheurs spécialisés dans les sciences de la terre, tant nationaux qu’internationaux, suivent la déformation de cette plaque tectonique ouest-européenne. Il s’agit ici d’obtenir « une meilleure compréhension de la déformation de cette plaque dont les mouvements sont très très lents », précise Frédéric Ego. Et la station BUAN sera particulièrement utile dans la mesure où cette partie du continent européen est très peu étudiée, compte tenu de son caractère asismique, c’est-à-dire l’absence d’activité sismique. Ensuite, la station permet le suivi de paramètres troposphériques pour les applications météorologiques et climatologiques. Les météorologues peuvent en effet calculer via les systèmes installés le taux de vapeur d’eau dans l’atmosphère via le retard troposphérique des ondes et donc étudier le cycle de l’eau atmosphérique et de ses conséquences sur les variations du climat. Enfin, elle participera à l’établissement des relevés topographiques et géodésiques locaux qui seront nécessaires à la gestion du chantier de Cigéo. Les données de la station BUAN sont envoyées et traitées dans des réseaux nationaux scientifiques, garantissant ainsi la qualité des interprétations et permettant aux scientifiques de disposer de données complémentaires à celles acquises par d’autres stations.

Comment ça marche ?

Implantée sur un site sécurisé, à l’abri de toute intrusion humaine, la station BUAN n’est touchée par aucun mouvement de terrain ; elle constitue ainsi une référence comme point stable de la plateforme ouest-européenne. Son système GNSS (géolocalisation et navigation par système satellitaire) est fondé sur une constellation de satellites, placés en orbite entre 19 000 et 36 000 km de la Terre. Les satellites envoient des ondes radio vers la Terre (des microondes entre 1,2 et 1,5 GHz) qui sont réceptionnées par la station, ce qui permet de connaître la localisation d’un point de mesure sur la Terre sous ses trois dimensions : en longitude, en latitude et en altitude. Le suivi géodésique permet d’atteindre une précision au millimètre, avec un point de mesure toutes les 30 secondes. Ces données sont ensuite transmises au Renag (réseau national de géolocalisation et de localisation par GNSS) et transférées au RGP (réseau GNSS permanent de l’IGN, l’Institut géographique national).

La géodésie

La géodésie est une science qui a pour but l’étude et la détermination de la taille et de la forme de la Terre, y compris son champ de gravité (la pesanteur), ainsi que ses variations dans le temps. Elle permet, plus particulièrement de mesurer la position (latitude, longitude et altitude) et le mouvement de points à la surface de la Terre. Son objectif principal est d’élaborer des systèmes de référence terrestres accessibles aux chercheurs.

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