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« L’esprit sorcier » de Fred Courant s’empare des déchets radioactifs

En septembre dernier, l’Andra a ouvert ses portes aux journalistes de « L’Esprit Sorcier », média web de vulgarisation scientifique. Comment rendre le sujet sensible et complexe des déchets radioactifs accessible à tous ? Fred Courant, alias « Fred » revient pour nous sur les coulisses de son émission consacrée aux déchets radioactifs.

Le duo Fred et Jamy, leur camion américain et leurs drôles d’aventures scientifiques… L’émission télévisée « C’est pas sorcier » a marqué toute une génération (1993-2014) en mettant à portée de tous les questions de science les plus complexes. Depuis 2015, « L’esprit sorcier » a repris le flambeau sur le Net, sous la houlette de l’équipe fondatrice de l’émission culte. Fred Courant, créateur de « C’est pas sorcier », puis de « L’esprit Sorcier », s’est rendu avec son équipe sur les sites de l’Andra dans l’Aube et en Meuse/Haute-Marne. Le résultat de leur visite : deux dossiers consacrés aux déchets radioactifs à visionner sur « L’Esprit Sorcier » et sur le site internet de l’Andra.

 

Quel est le concept de votre émission en deux mots ?

« L’esprit sorcier » est un média éducatif. Il donne à chacun, petit ou grand, les clés pour mieux comprendre notre monde, et se forger une opinion sur les grands sujets de science et de société́. Comme au temps de « C’est pas Sorcier », notre but est de continuer à partager avec le plus grand nombre, et de manière gratuite, le goût de la science et de la découverte.

 

L’esprit Sorcier au Centre de l'Andra en Meuse/Haute-Marne

Comment appréhendiez-vous le sujet des déchets radioactifs ?

Très franchement au départ, j’avais un peu peur, parce que le sujet est particulièrement sensible… Il était très important de ne pas faire d’amalgames avec d’autres questions, au risque de tout confondre ! Notre propos est neutre. La France a décidé, qu’on le veuille ou non, de développer le nucléaire dans les années 1950. Aujourd’hui on produit des déchets, qu’est-ce qu’on en fait maintenant ? Comment assume-t-on ce choix ? On ne va pas faire comme s’ils n’étaient pas là…

 

Il s’agit d’un partenariat avec l’Andra. Ne craignez-vous pas qu’on doute de votre objectivité ?

Pas du tout. D’une part, nous sommes toujours parfaitement transparents sur nos sponsors – via des explications sur le site ou sur les réseaux – d’autre part, nous choisissons nos partenaires de manière éthique, car il en va de notre crédibilité ! Nous ne sommes pas là pour faire passer des messages, mais pour expliquer comment les choses fonctionnent afin de permettre aux gens de se faire leur opinion. Et c’est aussi ce que recherche l’Andra. On nous a d’ailleurs laissé filmer et monter ce qu’on voulait. Je me suis senti très à l’aise. En revanche l’Andra est très pointilleuse sur l’information scientifique. Leurs équipes ont le souci de l’exhaustivité !

 

L’esprit Sorcier aux centres industriels de l'Andra dans l'Aube

Quelle est la démarche de « L’esprit sorcier » ?

On part du factuel. D’abord on essaye de bien comprendre les mécanismes : qu’est-ce qu’un déchet radioactif ? D’où proviennent-ils ? Comment sont-ils gérés ? On passe du temps à interroger les scientifiques, parce qu’on veut tout comprendre. Or, pour bien appréhender ce sujet complexe, il faut aussi repartir du b-a ba : la radioactivité, les différentes catégories de déchets, etc. Par exemple, rares sont les personnes qui savent que la radioactivité naturelle existe et que certains déchets n’ont même pas le niveau de radioactivité de la radioactivité naturelle quand d’autres au contraire sont vraiment dangereux.

 

Avez-vous découvert des choses que vous ignoriez ?

Justement, la question de la gestion des déchets de très faible activité (TFA) a retenu mon attention. À l’étranger, cette catégorie de déchets n’existe pas. Les TFA sont « recyclés » dans des projets de construction, par exemple. La France, au contraire, a fait le choix de créer un centre pour ces déchets et de les stocker dans des conditions drastiques – on est un peu les champions du principe de précaution. Il y a là une vraie question de société : sur les coûts qu’implique cette gestion, sur la notion de risques…

 

Quel regard portez-vous sur la place de la science dans les médias et l’opinion ?

La place de la science est fondamentale dans notre système d’information, surtout par les temps qui courent. Même si on ne s’en rend pas compte, la science est absolument partout. Elle est dans nos questions d’environnement, de climat, d’énergie, dans toutes les technologies que nous utilisons, dans l’intelligence artificielle… Elle est indispensable aujourd’hui pour aborder et régler les questions de société et d’éthique qui se posent à nous. Aujourd’hui, grâce à internet (aux youtubeurs notamment) nous pouvons avoir accès à une information scientifique très fouillée, mais encore faut-il savoir faire le tri et prendre du recul. Il s’agit de ne pas subir les choses… Tout a une explication ! 

 

Vous n’avez pas encore vu l’émission ? Cliquez ICI
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