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L'industrialisation d'un métier

Durant toute sa période d’exploitation, le centre industrialise son activité et se modernise : les pratiques évoluent avec les nouvelles réglementations et les processus de prise en charge et de stockage des déchets sont progressivement améliorés. 30 0000 à 35 000 m3 de colis sont gérés par an.

Contrôle des colis à leur arrivée

Parcours d’un colis

Les colis entreposés et empilés forment des « tumulus »

Mais comment s’effectuait le stockage ? En provenance des centrales nucléaires et des laboratoires du CEA pour la plupart, les colis contenant les déchets radioactifs suivaient un chemin tracé. Transportés par camions à raison d’une dizaine de livraisons par semaine, ils passaient d’abord par le bureau de contrôle radiologique, situé à l’entrée du centre. On y vérifiait dans un premier temps le taux de radioactivité du camion puis celui de chacun des colis. En cas de non-conformité, les colis étaient retournés au producteur qui les avait expédiés.

À l’époque, les colis réceptionnés se présentaient sous plusieurs formes : des fûts métalliques (environ 80 par camion) ou des blocs de béton (6 par camions). À l’intérieur de certains colis, les déchets (15 % du contenu) étaient confinés à l’aide d’un enrobage de mortier ou de béton.

Afin de réduire le volume de colis, les fûts métalliques étaient dirigés vers la presse à compacter puis remis en colis. Direction ensuite la zone de stockage. Les opérateurs déchargeaient les colis des camions et les plaçaient dans les ouvrages spécifiques. Les colis contenant les déchets les plus radioactifs étaient mis dans des alvéoles de béton renforcées par un treillis métallique. Les autres colis étaient entreposés et empilés sur une dalle elle aussi bétonnée pour former des tumulus. Objectifs : optimiser l’espace et améliorer la performance du confinement des déchets.

 

 

Des colis et des hommes

Durant cette période, une quarantaine de personnes gère l’exploitation sur le site. Le personnel de l’Andra est chargé de coordonner les procédures et de s’assurer du bon déroulement des opérations effectuées par des agents de la Société des techniques en milieu ionisant (STMI). Identifiables grâce à leurs combinaisons vertes, leurs casques et leurs chaussures de sécurité, les agents de la STMI assurent la réception, le contrôle et le stockage des colis dans les alvéoles. Plusieurs mesures de protection et de contrôle de la radioactivité sont prises : port du film dosimétrique sur les vêtements, suivi radiologique des opérateurs, pastilles jaunes apposées sur les colis les plus radioactifs, durée de manutention réglementée.

Des règles de sûreté et des procédés modernes

La normalisation des colis

Chaque producteur doit ainsi transmettre à l’Andra un « colis agréé » répondant à des exigences normées de conditionnement et mentionnant ses caractéristiques précises : poids et dimensions, nature des substances radioactives contenues dans le colis et activité correspondante.

Au début des années 1980, avec l’augmentation globale des volumes de déchets radioactifs, la réglementation devient plus précise. Conformément aux nouvelles prescriptions fixées par l’Autorité de sûreté, l’Andra impose des règles plus claires aux producteurs de déchets. Elles ne connaîtront pratiquement plus de modifications par la suite. Ces règles visent notamment à normaliser les colis reçus afin d’uniformiser les types de conditionnement et les volumes (150 formes différentes de colis étaient réceptionnées en 1980 !). Avantages : une manutention facilitée, la possibilité de prévoir les espaces de stockage nécessaires et de planifier la quantité de travail à effectuer.

 

L’informatique au service du stockage

Pose de la galerie d’accès au réseau séparatif de collecte des eaux

Les indications qui répertoriaient les colis figurent d’abord sur de simples bordereaux de livraison. En 1985, l’informatisation du process permet de rassembler et de réorganiser toutes les données.

Grâce à des étiquettes équipées de codes-barres, chaque colis est instantanément identifié à réception sur le centre. L’outil informatique a sécurisé la gestion des déchets en garantissant à tout moment la traçabilité des colis pris en charge et la vérification des informations fournies par les producteurs.

 

1976 : l'incident tritium

En 1976, un taux de tritium plus élevé que la normale est détecté dans le ruisseau de la Sainte-Hélène, située en contrebas du centre de stockage. Les autorités de sûreté prennent immédiatement des mesures appropriées. Après l’identification de l’ouvrage de stockage où avaient été stockés les colis à l’origine de la pollution, des opérations de reprise sont réalisées. Une partie des colis est restockée sur le centre dans des conditionnements bétonnés adaptés ; l’autre partie est redirigée vers un site spécialisé du CEA à Valduc à 45 km de Dijon.

La surveillance effectuée depuis de nombreuses années permet de montrer que le taux de tritium lié à cet incident est en baisse. Celui-ci ne présente aucun risque pour l’environnement et les populations, et continue de décroître chaque année.

Un dispositif de collecte des eaux adapté

Dès 1980, la séparation de la collecte des eaux pluviales de celles drainées par les ouvrages de stockage est jugée nécessaire pour éviter les risques de contamination. Un réseau séparatif enterré est créé. Il est équipé d’une galerie souterraine qui permet de faciliter les interventions des agents, et de contrôler la qualité des eaux.

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