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Remise des prix du concours photo "Capture ton patrimoine industriel"

Samedi 25 mai, les lauréats du concours photo "Capture ton patrimoine industriel" ont reçu leur prix, à l'espace Argence à Troyes, à l'occasion de la rencontre internationale d'arts plastiques pour la jeunesse "Graines d'artistes du monde entier", organisée par le Centre pour l'Unesco et parrainée par l'Andra.

Les sept lauréats de la 1ère édition du concours photo "Capture ton patrimoine industriel" avaient fait le déplacement à Troyes pour recevoir leur prix.

Ils avaient tous fait le déplacement, très heureux de faire partie des sept gagnants de la première édition du concours photo initié par l'Andra et le Centre pour l'Unesco Louis-François de Troyes. Et à les écouter, la thématique du concours les a autant motivés à participer que les prix en jeu (appareils photos, stage de photographie avec un professionnel et des bons pour des tirages photo).

Ce concours avait pour objectif de mettre en valeur le patrimoine industriel de la région Grand Est. Ouvert aux jeunes de 12 à 20 ans, le principe consistait à prendre une photographie, couleur ou noir et blanc, représentant ce patrimoine d'hier et d'aujourd'hui et à l'accompagner d'un court texte explicatif sur la raison de ce choix.

 

1er prix de la catégorie 12-15 ans : "Free Friche Défraichie"

Elio Balini : « Friche de France… Que de fronts en sueur, Que de frénésie, Que de fric, Que de frasques ! Friche défraichie, Frêle, Affre du temps… Et bientôt, quels fruits ? Quelle nouvelle fraîcheur ? »

2e prix de la catégorie 12-15 ans : "Malterie Industrie d'Antan"

Léa Morognier : « La Malterie est un bâtiment de 1883 dont l'architecte est restée moderne. Elle a traversé les siècles et reflète encore l'industrie céréalière d'antan, même si aujourd'hui, elle a été transformée en lieu d’habitation. C'est ce contraste qui m'a fait choisir ce bâtiment que je vois chaque jour depuis ma chambre. »

Prix de l'originalité de la catégorie 12-15 ans : "Un reflet du passé"

Eliott Coste-Bonnet : « J'ai pris cette photo de la bourse car c'est pour moi un bâtiment emblématique du patrimoine industriel du coeur de ville. De nos jours les industries sont en périphérie des villes, alors qu'au XIXe siècle elles étaient dans le paysage quotidien. »

1er prix de la catégorie 16-20 ans : "Souvenir du passé"

Valentin Petit : « Il s'agit d'une photo prise en couleur et mise en noir et blanc sur Cameraraw. J'ai voulu présenter une photo semblable à ce qui aurait pu être pris dans le temps, j'ai pour cela, en plus du noir et blanc, ajouté du grain. Cette usine est vraiment ce qui, pour moi, caractérise très bien l'industrie artisanale avec ses souffleurs de verre, taillage à la main, dépôt de platine ou encore dorure.»

2e prix de la catégorie 16-20 ans : "Machine pérenne, homme éphémère"

Gwénaëlle Poirot-Rozec : « Le but de cette photographie était de montrer le patrimoine d’hier et d’aujourd’hui, il y a donc question du temps. J’ai alors décidé d’utiliser le domaine du textile en faisant apparaître une machine à tricoter nette (dure dans le temps) entourée d’ouvriers qui eux sont éphémères (représentés explicitement en flou). »

Prix de l'originalité de la catégorie 16-20 : "Troyes, mon Amour"

Juliette Velut : « Troyes mon amour, Ville qui fut si glorieuse autrefois, Tu files entre mes doigts, Industrielle de tes Aubois. De rouille tu te façonnes, on t’abandonne, Sauvage comme un crocodile, Il ne faudrait pas que tu t’exiles. Mon Petit Bateau navigue encore sur les flots, J'ose et pose, devant tes usines qui s’affinent »

Prix Coup de cœur de la Maison de l'outil et de la pensée ouvrière : "La Mailleuse"

Maëva Suzanne : « Je vous présente le grand Métier gillet à 10 mailleuses qui mesure environs 2 mètres de large et possède 3432 aiguilles. Construite en 1853 à par M. François Gillet, voici l’une des machines industrielles utilisées pour concevoir de la maille à Troyes, à l'époque de ses activités industrielles. Exposée au musée du Vauluisant à Troyes, je trouve que cette machine est impressionnante de par sa taille et ces innombrables aiguilles, c’est pour cela que j’ai décidé de la photographier, car nous ne voyons pas toujours ce type de machine actuellement. C’est une pièce importante de notre patrimoine. »

« Ce que l'on photographie, c'est la mémoire de demain »

Dimitri Beck

Dimitri Beck, directeur de la photographie du magazine Polka, était président du jury de la première édition de ce concours photo. Il revient sur les objectifs de ce concours et ses premiers enseignements.

Quelles traces restera-t-il demain des centres de stockage de déchets radioactifs d’aujourd’hui ? Comment transmettre la mémoire des sites aux générations futures ? Autant de questions auxquelles l’Andra cherche à répondre dans le cadre de son programme Mémoire pour les générations futures, en y associant la communauté scientifique, les riverains de ses installations, les artistes…

Avec ce concours photo, ce sont les plus jeunes que l’Agence et le Centre pour l’Unesco Louis-François de Troyes souhaitaient sensibiliser. Les photographes en herbe, de 12 à 20 ans, ont ainsi été invités à immortaliser les vestiges industriels du Grand Est. Une façon de s’interroger sur la préservation et sur la transmission de la mémoire des lieux.

Dimitri Beck, directeur de la photographie du magazine Polka et président du jury du concours photo

Pourquoi photographier le patrimoine industriel ?

Photographier est une manière de parler ouvertement du présent pour le transmettre aux générations futures. Or, dans notre culture contemporaine qui est extrêmement visuelle, la photographie est devenue un outil puissant de transmission… Ce que l’on photographie aujourd’hui, c’est la mémoire de demain. C’est notre mémoire à tous. En demandant aux jeunes de regarder dans le rétroviseur vers ce patrimoine d’antan, de le mettre au goût du jour, nous les avons invités aussi à s’interroger sur ce qu’il est devenu aujourd’hui.

Quelles réflexions vous ont inspiré les photographies reçues dans le cadre du concours ?

Parmi les photographies que nous avons reçues, il y avait des friches, des sites industriels, mais aussi des lieux vivants, encore en activité. Tout ne se meurt pas, l’homme passe et les machines restent, elles font partie de ce patrimoine que l’on continue à utiliser, au fil des décennies et même des siècles. L’histoire continue… C’est aussi ça que les jeunes ont voulu nous montrer, ainsi que leur attachement à ce patrimoine. Finalement, leur regard sur ce passé nous renvoie à qui nous sommes aujourd’hui, mais aussi à ce qui fait l’existence de nos régions.

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