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Sur quoi les générations suivantes pourront-elles revenir ?

En pratique, sur quoi nos enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants pourront-ils revenir grâce à la réversibilité du stockage géologique Cigéo ? Liste (non exhaustive) des décisions qui pourront être les leurs… s’ils le souhaitent.

Balayons d’entrée de jeu un éventuel malentendu : le stockage géologique est conçu pour être fermé, c’est sur cela même que repose sa sûreté à long terme, assurée par la roche. Cela n’empêche pas que le stockage soit réversible, c’est-à-dire que l’on ne prive pas les prochaines générations d’une palette d’options qu’elles pourront, ou non, utiliser.

Difficile en effet de savoir quelle sera la politique énergétique de demain, ou d’anticiper des technologies à venir qui pourraient, par exemple, permettre la valorisation d’un type de déchets radioactifs parmi les multiples familles qui sont prévues dans Cigéo. « La réversibilité est en lien avec l’exploitation du stockage (120 ans, soit quatre générations), explique Jean-Noël Dumont, ingénieur à l’Andra en charge de la réversibilité. Notre approche consiste à ne pas décider de tout dès maintenant. C’est la raison pour laquelle on conçoit Cigéo comme un système robuste mais évolutif. Nos enfants pourront décider de poursuivre conformément à notre schéma de référence, ou le faire évoluer s’ils le souhaitent, grâce aux marges de manœuvre que nous leur laissons. »

 

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En pratique, la réversibilité permettra à nos descendants de poursuivre le stockage comme nous l’avions conçu, de le faire évoluer voire de revenir en arrière. Il est par exemple prévu que nos enfants ou petits-enfants puissent, selon leur souhait, accélérer ou ralentir non seulement la construction de l’installation, mais également anticiper ou reporter sa fermeture définitive.

Outre cette souplesse calendaire, la réversibilité du stockage permettra aussi de modifier les plans initialement prévus, par exemple pour les adapter à des colis de déchets d’un nouveau type, à une foreuse plus performante pour creuser les galeries, à de nouvelles connaissances acquises sur les ouvrages de stockage, etc. Ainsi, la réversibilité du stockage géologique permet aux générations suivantes d’adapter le projet initialement prévu pour qu’il puisse intégrer, tant dans son fonctionnement que dans sa structure, un changement de cap en termes de politique énergétique, une découverte scientifique, des avancées technologiques, etc.

 

 

 

Le « PDE », un outil pour la gouvernance du stockage

Dans l’optique d’une implication régulière des parties prenantes sur la réversibilité de Cigéo, l’Andra proposera, début 2016, un plan directeur pour l’exploitation (PDE) de Cigéo. Ce document présentera notamment le calendrier prévisionnel de réception des différents types de colis de déchets, les différentes étapes de vie de l’installation (construction, phase industrielle pilote, exploitation, etc.), les rendez-vous décisionnels prévus régulièrement pour faire le point, etc.

« Cette première version du PDE sera discutée en 2016 et 2017 avec l’ASN et les représentants de la société civile, explique Pascal Leverd, en charge de la rédaction du PDE. Un document final sera rédigé à l’issue de cette concertation. » Réversibilité oblige, ce PDE ne sera pas inscrit dans le marbre. « Il pourra être rediscuté ou modifié au fil des décisions prises, ajoute Pascal Leverd. L’objectif de ce document est d’aider notre génération et les suivantes à utiliser, ou non, la possibilité de réversibilité de Cigéo en leur laissant au moins autant de choix que nous en avons. »

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