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Une organisation rigoureuse chez le producteur

Comment est gérée la fabrication des colis chez le producteur ? Les explications d’Estelle Bancelin, expert déchets à la division de la production nucléaire (DPN) de EDF.

Comment est organisée la gestion des déchets radioactifs chez EDF ?

Estelle Bancelin : EDF a choisi de privilégier une organisation qui responsabilise les entités en charge des activités à l’origine des déchets radioactifs. La stratégie de gestion des déchets, quelle que soit leur origine est commune et vise à répondre aux attendus de l’arrêté INB(1) qui insiste en particulier sur deux points : réduire la quantité et la nocivité des déchets produits, et utiliser les meilleures techniques disponibles pour les conditionner.

Cette réflexion sur la réduction des déchets à la source, menée très en amont, est structurante dans le choix des filières de traitement et l’optimisation des modalités d’exploitation.

 

Où sont fabriqués les colis de déchets d’exploitation ?

E. B. : Les déchets d’exploitation sont traités et conditionnés par les centrales qui les produisent. Toutefois, la plupart présentent des caractéristiques communes et un certain nombre de démarches sont donc centralisées au niveau national, comme l’instruction des agréments de l’Andra sur la base desquels sont fabriquées les différentes familles de colis. Ces agréments génériques, une fois délivrés, sont déclinés site par site, lors d’une seconde étape, afin d’obtenir l’acceptation pour chaque site producteur.

Nous apportons aux sites un appui technique complémentaire, en rédigeant par exemple des guides concernant la collecte, le tri ou le conditionnement. Nous gérons également la plupart des approvisionnements en emballages et matières premières : fûts et caissons métalliques, coques béton, mais aussi matériaux d’immobilisation des déchets (mortier). Tous les composants utilisés pour la fabrication des colis doivent en effet répondre à des spécifications très précises. Nous avons ainsi l’assurance que toutes les centrales utilisent des matériaux qualifiés qui répondent aux exigences applicables.

 

Quelles sont les étapes du conditionnement ?

E. B. : Chaque centrale dispose d’installations destinées au traitement et à l’entreposage des déchets. Avant d’être traité, chaque déchet est pré-caractérisé. L’objectif est de disposer d’un maximum de données pour en optimiser la gestion et l’orienter vers le mode de conditionnement et le centre de stockage les plus adaptés. Le processus de conditionnement est fonction des caractéristiques physico-chimiques et radiologiques des déchets.

Les déchets de très faible activité sont conditionnés puis entreposés sur des aires extérieures avant d’être expédiés vers le Cires dans l’Aube. Les déchets de faible activité, quant à eux, font pour la plupart l’objet d’un traitement préalable par compactage visant à en réduire le volume. Après conditionnement et entreposage sur place, ils sont expédiés vers le Centre de stockage de l’Aube (CSA) ou sont orientés vers l’incinération ou la fusion à Centraco. Pour les déchets de moyenne activité, qui sont conditionnés dans des coques béton, le conditionnement se déroule en deux étapes : d’abord une opération dite de blocage qui consiste à immobiliser le déchet dans la coque béton, puis une opération dite de bouchage qui permettra d’obtenir un colis fini, évacuable au CSA.

 

Comment ce processus est-il contrôlé ?

E. B. : Sur l’ensemble de la chaîne de conditionnement, des chargés de surveillance contrôlent la bonne mise en oeuvre du processus et s’assurent que les spécifications applicables à l’agrément délivré par l’Andra sont bien respectées (formulation du mortier, temps de malaxage, mesure de l’activité…). Chaque étape est tracée sur une fiche complétée par l’opérateur et soumise à une double vérification (contrôleur technique, puis approbateur). En bout de chaîne, le colis dispose ainsi d’un dossier avec tout son “pedigree”. Ces informations sont intégrées dans notre outil informatique (DRA), directement relié à l’application Procom de l’Andra qui, après contrôle des données déclarées, autorise – ou non – l’expédition.

EDF dispose également d’une structure d’audit interne, l’Inspection nucléaire, qui évalue périodiquement les dispositions techniques et organisationnelles mises en place par la centrale en matière de gestion des déchets. À cela s’ajoutent les contrôles de l’Andra, dont le programme de surveillance standard (une visite tous les deux ou trois ans pour chaque agrément) peut être renforcé en cas d’écart. En cas de suspension d’agrément, leurs inspecteurs se rendent sur site pour vérifier que les actions correctives et préventives ont été correctement mises en œuvre, avant de délivrer leur accord pour la reprise des expéditions.

 

 

(1)arrêté du 7 février 2012, relatif aux installations nucléaires de base.

 

 

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