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Couverture des centres de stockage : partager les expériences européennes

Les 21 et 22 mai derniers, l’Andra a accueilli ses homologues britanniques, belges et espagnols au Centre de stockage de la Manche (CSM). Les quatre agences de gestion de déchets radioactifs ont signé un accord de coopération afin de mutualiser leurs expertises sur un sujet crucial : la couverture des centres de stockage.

Signature d’un accord de coopération entre l’Andra et ses homologues britannique, belge et espagnol.

La couverture du CSM assure la protection des colis de déchets. Disposée au-dessus des ouvrages de stockage et constituée d’une alternance de couches drainantes et imperméables dont une membrane « bitumineuse », elle limite les infiltrations d’eau et empêche les intrusions (humaines, animales, végétales). Depuis la mise en place en 1997 de cette barrière protectrice, les experts de l’Andra poursuivent leurs recherches pour améliorer sa performance, et cela, en collaboration avec des laboratoires et instituts scientifiques français, mais aussi avec leurs homologues étrangers.

 

Avancer ensemble

Après une première rencontre en 2017, l’Andra et ses homologues britanniques (LLW Repository Ltd), belges (Ondraf) et espagnols (Enresa) ont signé un accord de coopération lors de ce second séminaire européen. Objectif : mobiliser et mettre en commun leurs expertises en matière de couverture de stockage.

En mai 2019, les quatre agences se sont donné rendez-vous au CSM. Un choix qui fait sens, compte tenu de l’expérience de l’Andra en la matière : « La mise en place de la couverture du CSM était une première mondiale. Elle reste à ce jour la seule couverture d’un centre de stockage de déchets radioactifs à avoir été mise en oeuvre en Europe. Au fil des années, nous avons beaucoup appris sur sa conception et sa surveillance. Marcher dessus, voir ses dimensions, à quoi peuvent ressembler ses talus, ses canalisations, c’est très instructif », explique Daniel Delort, ingénieur au service relations internationales de l’Andra en charge de l’organisation de cette deuxième rencontre.

 

À chacun son domaine d’expertise

La présentation « in situ » de la couverture du CSM s’est poursuivie par un temps d’échanges qui visait à identifier des sujets prioritaires de coopération. Problématiques d’érosion, possible évolution des couvertures en cas de changement climatique, caractérisation de ses composants, etc. Chacun des participants dispose d’un domaine privilégié de connaissances : « L’Andra peut apporter de nombreux éléments sur la caractérisation et la performance de l’argile. Les Anglais ont beaucoup travaillé sur la stabilité et donc les aspects mécaniques des couvertures, les Espagnols sur les effets climatiques et notamment les problématiques de condensation lorsqu’il y a des forts contrastes entre le jour et la nuit. Et enfi n les Belges s’intéressent au sujet du colmatage des couches drainantes », précise Daniel Delort.

 

Vers un travail collaboratif

À l’image de ses partenaires européens, l’Andra travaille actuellement sur un nouveau concept de couverture. But recherché : préparer la fermeture des centres de stockage aujourd’hui en activité. « La couverture d’un stockage est mise en place en fin d’exploitation. Pour le CSA (Centre de stockage de l’Aube, qui a pris le relais du CSM en 1992) cela se produira dans une trentaine d’années. Nous avons donc le temps d’acquérir des données scientifiques, des études d’ingénierie, de stabiliser les concepts… Travailler ensemble nous permettra d’améliorer nos concepts finaux,
poursuit Daniel Delort. Aujourd’hui, toutes les options de collaboration sont ouvertes, cela pourrait se résumer à de l’échange d’informations mais nous pourrions aussi réaliser un démonstrateur commun. Cela nous permettrait de réduire les coûts et donc d’augmenter le nombre d’essais. On est toujours plus intelligents à plusieurs. » Le comité de pilotage se réunira dès l’année prochaine pour faire le point sur les avancées obtenues.

 

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