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Femme et scientifique : deux ingénieures de l'Andra prennent la parole

Les femmes sont encore minoritaires dans les formations et les métiers scientifiques et technologiques. Informer sur ces filières pour susciter des vocations plus nombreuses, tel était l’objectif de l’exposition « Les filles, osez les sciences »(1), dont l’Andra était partenaire. Au programme : des portraits et des témoignages, dont ceux de deux ingénieures de l’Agence. Quel a été leur parcours de scientifiques ? Sophia Necib, ingénieure corrosion au Centre de Meuse/Haute-Marne, et Elvina Blot, ingénieure d’exploitation aux centres de l’Aube racontent…

Exposition "Les filles, osez les sciences"

En quoi consiste concrètement votre travail ?

Sophia Necib

Sophia Necib : J’étudie la corrosion des matériaux métalliques utilisés pour le stockage des déchets radioactifs à vie longue et réalise des expériences dans le Laboratoire souterrain de l’Andra en Meuse/Haute-Marne. Je suis également chargée du suivi de projets relatifs au stockage en profondeur avec des laboratoires de recherche internationaux.

Elvina Blot : Aux centres de l’Aube, mon travail consiste à gérer l’activité industrielle de la prise en charge des colis de déchets radioactifs de faible et moyenne activité principalement à vie courte. Il s’agit de planifier les activités et de m’assurer de la qualité de la prestation d’exploitation vis-à-vis notamment des engagements pris avec l’Autorité de sûreté nucléaire et de la protection de l’environnement.

 

Quand et pourquoi avez-vous décidé d’exercer ce métier ?

Elvina Blot

S. N. : Mon stage dans un laboratoire et une première expérience dans un grand groupe spécialisé au Royaume-Uni m’ont motivée pour approfondir ma connaissance des problématiques de corrosion. Je les ai étudiées dans le cadre d’une thèse qui portait sur les réacteurs nucléaires. C’est ainsi que j’ai découvert cet univers.

E. B. : La physique nucléaire avec les contraintes qu’elle impose à l’industrie m’a très vite intéressée dans mon cursus d’ingénieur. Après un premier poste dans le secteur du démantèlement, je gère aujourd’hui les activités d’un centre de stockage : planification, organisation et suivi des opérations de la prise en charge des colis jusqu’au stockage lui-même.

 

Au cours de votre formation ou de votre parcours professionnel, avez-vous connu des freins ?

S. N. : Ma famille m’a toujours encouragée dans tout ce que j’entreprenais. Je n’ai jamais ressenti de frein du fait d’être une femme, mon domaine de recherche étant globalement mixte. D’une manière générale, le regard de la société est en train de changer sur les femmes scientifiques.

E. B. : Je suis aussi issue d’une famille qui m’a laissée libre de suivre ma propre voie et de faire mes choix. Même si dans mon parcours, j’ai essentiellement travaillé avec des équipes masculines, je n’ai pas rencontré de réelles difficultés.

 

Qu’apportent les femmes à la science selon vous ? Auriez-vous un conseil à donner à une jeune fille qui se destinerait à un métier scientifique ?

S. N. : Avoir des modèles qui nous montrent qu’il est possible de réussir, c’est important. Le mien depuis toujours ? Marie Curie ! Il faut croire en soi et progresser à son rythme, avec l’envie d’apprendre et d’aller plus loin. C’est le propre même de la recherche scientifique, qu’on soit un homme ou une femme.

E. B. : La question de la différence hommes/femmes ne se pose pas dans nos métiers. Le cerveau scientifique n’est pas plus féminin que masculin. Mon conseil : ne pas se laisser influencer par les stéréotypes que véhiculent la société, les médias. Suivre son propre chemin, ses envies et ses objectifs !

 

 

(1)Exposition à l’initiative notamment d’Accustica, association de promotion des métiers de la science, présentée dans des établissements scolaires secondaires du Grand Est durant plusieurs mois, et disponible en prêt sur www.accustica.org.

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