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L'environnement

Pour vérifier que l'impact d'un centre de stockage reste aussi limité que possible, lui et son environnement font l'objet d'un suivi très détaillé et régulier, depuis la construction du stockage jusqu'à plusieurs siècles après sa fermeture.

Pour assurer ce suivi, l'enjeu est de mettre en place un dispositif capable de décrire précisément l'environnement et de suivre son évolution sur une durée d'au moins 100 ans.

Pour se garder la possibilité de réaliser à tout moment des analyses complémentaires, il faut aussi mettre en place un dispositif permettant la conservation à long terme des échantillons prélevés.

Un dispositif unique d'observation de l'environnement

Etudier précisément l'environnement et suivre son évolution sur 100 ans, tel est l'enjeu de l'Observatoire pérenne de l'environnement (OPE) mis en place par l'Andra depuis 2007 à la limite des départements de la Meuse et de la Haute-Marne. L'originalité de cet Observatoire repose sur sa durée, son territoire d'observation étendu et son champ d'action très large. En ce sens, son rôle va bien au-delà des obligations réglementaires imposées aux installations industrielles. L’OPE fait aujourd’hui partie d’une dizaine de réseaux nationaux et européens de suivi de l’environnement et a été labellisé Système d’observation et d’expérimentation au long terme pour la recherche en environnement (SOERE).

Des missions primordiales

Décrire précisément l’état initial de l’environnement, aussi bien physique et chimique que biologique et radiologique.

Cet état initial va s'effectuer jusqu'à ce que débutent les travaux de constuction du stockage. Il décrira également le contexte socio-économique ainsi que le patrimoine culturel sur lesquels le stockage est susceptible d'avoir des répercussions. En raison de sa durée très longue et de la prise en compte de tous les milieux, cet état des lieux sera vraiment représentatif de l'environnement tel qu'il est avant la création du stockage.

Analyser l'évolution de l'environnement et connaître précisément l'impact du futur stockage.

L'Observatoire a aussi pour but de comprendre les interactions entre les différents milieux environnementaux (écosystèmes) et de suivre leur évolution. Il étudiera les influences respectives sur l'environnement des activités industrielles, notamment celles liées au stockage, des évolutions naturelles (comme le changement climatique) et des modifications des pratiques agricoles et forestières. L'Andra sera en mesure de différencier les origines des éventuelles perturbations constatées.

Afin de garantir cette surveillance, une écothèque permet la conservation à long terme d'échantillons prélevés dans le cadre de l'Observatoire afin de réaliser des analyses rétrospectives complémentaires si des besoins futurs se présentaient ou si une évolution technologique permettait des analyses plus précises.

L'Ecothèque a pour objectif de conserver sur le long terme tous les échantillons prélevés dans le cadre de l'Observatoire Pérenne de l'Environnement. Cette installation doit permettre de garantir la traçabilité et l'intégrité des échantillons pendant une période d'au moins cent ans. Il s'agit de conserver les échantillons permettant de définir l'état de référence initial du site où sera implanté Cigéo.

Poursuivre le contrôle au-delà de la fermeture du centre de stockage, jusqu'à la fin de sa phase de surveillance, soit sur une durée de plusieurs siècles.

Le stockage est conçu pour être sûr sans nécessiter d'intervention humaine une fois qu'il sera fermé. Lorsque les prochaines générations décideront de fermer le stockage, celui-ci et son environnement continueront tout de même d'être surveillés pendant plusieurs siècles pour vérifier son bon fonctionnement et contrôler son impact.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Pour l'Observatoire pérenne de l'environnement, Véritable pôle de recherche en environnement, les équipes de l'Andra travaillent en collaboration avec de nombreux bureaux d'études, quinze laboratoires de recherche (INRA, IRSN, MNHM, CNRS, ONF), les associations environnementales et les chambres d'agriculture locales. Dans la majorité des domaines, l'Andra conduit ses études selon les mêmes méthodes que les réseaux nationaux et européens de surveillance environnementale.

Un suivi complet

Le système d'étude de l'Observatoire pérenne de l'environnement repose sur plusieurs centaines de points d'observation et des outils performants. Les études sont menées selon les mêmes méthodes que celles des réseaux nationaux et internationaux de surveillance environnementale. Dans le cadre de l'Observatoire, tous les milieux de l'environnement sont étudiés simultanément : eau, air, sols, flore, faune et évidemment l'homme.

Les activités humaines

Pratiques agricoles en Meuse/Haute-Marne : meules de pailles

Etude des activités humaines et de leur conséquence sur l'environnement :

  • Pratiques agricoles, modes d'exploitation des cultures et des forêts, et de leur évolution en temps réel et à long terme ;
  • Changements socio-économiques (augmentation de la population, construction d'habitation, développement des transports...) et de leur impact;
  • Surveillance de la qualité des produits agro-alimentaires locaux : lait, fromage, oeufs, céréales, fruits et légumes pour rechercher par exemple la trace de micro-polluants ou d'éléments métalliques et radiologiques.
Pêche électrique à Richecourt pour l'OPE par l'ONEMA : inventaire des espèces

La faune

L'Observatoire étudie la faune et l'impact des modifications des milieux naturels et des changements climatiques sur les espèces vivantes. Il cherche ainsi à suivre les espèces communes mais aussi à définir les populations les plus vulnérables pour contribuer à leur préservation. Différentes méthodes sont utilisées :

  • Observation directe de jour et de nuit ;
  • Recherche d'indices de présence : déjections, poils, traces de repas ;
  • Etude des carnets de chasse ;
  • Ecoutes et captures, notamment pour les oiseaux, témoins importants de la biodiversité.

La flore

Les inventaires et les suivis de la flore permettent de trouver des espèces caractéristiques de la santé des écosystèmes et des plantes bio-indicatrices ou bio-accumulatrices, c'est à dire capables d'absorber et de concentrer certaines substances chimiques et radiologiques présentes dans l'environnement.

L'air

Dispositif de l’Observatoire pérenne de l’environnement : antenne météorologique

Des instruments sont mis en place pour analyser la climatologie régionale et définir des modèles afin de mieux connaître l'évolution du climat local. Une station atmosphérique sera installée pour permettre un suivi de l'air, à long terme. Réalisées au sol et à différentes hauteurs d'un pylône de 120 mètres de haut, les mesures seront effectuées sur :

  • la température,
  • le taux d'humidité,
  • la force des vents,
  • la concentration des différents gaz,
  • les propriétés des poussières atmosphériques.
Récupération pour analyses de prélèvement hydriques dans la Saulx sur les trois stations de l'observatoire pérenne de l'environnement .

L'eau

La qualité de l'eau est souvent le premier reflet de l'état de l'environnement en raison du rôle principal qu'elle joue dans le transport des éléments chimiques et organiques. La surveillance de l'eau fait l'objet d'une réglementation rigoureuse. Un suivi régulier des eaux, y compris souterraines, est ainsi mis en place afin :

  • d'analyser leurs propriétés physiques et chimiques,
  • d'évaluer leur potabilité,
  • de rechercher des substances indésirables : nitrates, pesticides, métaux, hydrocarbures...
  • d'étudier la faune aquatique.
Prélèvements de terre en forêt pour l'observatoire pérenne de l'environnement

Les sols

Les caractéristiques des sols sont importantes car elles ont un impact sur la productivité agricole et forestière, la réserve en eau et la biodiversité. Elles influencent également les transferts des éléments chimiques entre la végétation, l'eau, l'atmosphère et le sous-sol. Une cartographie des sols au 1/50 000e est effectuée ainsi qu'une description très fine de leur nature (texture, teneur en eau, concentration en métaux, niveau de radioactivité...). L'une des originalités de l'Observatoire de l'Andra est d'étudier également la faune présente dans ces sols, comme les vers de terre.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Les études de l'Observatoire permettront d'identifier les bio-indicateurs les plus appropriés. Il s'agit d'organismes vivants dont la présence renseigne sur la qualité de l'environnement. Les vers de terre, par exemple, sont d'excellents bio-indicateurs de la qualité des sols. Autre exemple : la mousse aquatique, qui possède une forte capacité d'accumulation des métaux. Le suivi de cette espèce végétale permet ainsi de détecter plus facilement sa présence éventuelle dans les cours d'eau.

Conserver les échantillons

Pour être en mesure d'effectuer une surveillance efficace de l'environnement dans le temps, il est nécessaire d'assurer la conservation des échantillons prélevés dans le cadre de cette surveillance...sur une durée d'au moins un siècle. Des analyses rétroactives, complémentaires ou détaillées, pourraient ainsi être réalisées si un besoin futur se présentait.

Préserver la mémoire de l'environnement

L'Andra a mis en exploitation une écothèque dans l'Est de la France, à la limite des départements de la Meuse et de la Haute-Marne, là où serait implanté le centre de stockage profond si sa construction était autorisée. Associée à une base de données, cette installation unique permettra de préserver, à long terme, des échantillons prélevés dans le cadre de l'Observatoire pérenne de l'environnement.

Elle garantira la conservation et la  traçabilité de ces échantillons pour offrir la possibilité d'effectuer de nouvelles mesures environnementales si le besoin se présentait ou si de nouvelles technologies voyaient le jour.

Les échantillons préservés concernent l'ensemble des milieux de l'environnement observés : sols, lichens, mousses, insectes, eau, air...

Selon leur nature, ils sont conservés :

  • dans une salle à température ambiante (pour les échantillons de sols par exemple)
  • dans des salles à température et humidité contrôlées (pour les échantillons d'insectes...)
  • dans des salles frigorifiques (+4°C) pour les eaux
  • dans des cuves cryogéniques (-150°C) pour les végétaux, les organes d'animaux, le lait, le fromage...

En attendant, la création de cette écothèque, les échantillons prélevés sont conservés à l'Observatoire de recherche sur la qualité de l'environnement du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) de Pau.

Les échantillons secs sont préparés dans le laboratoire de l’écothèque.
Les échantillons secs sont répertoriés et conserves dans une salle spécifique
Avant cryogénisation, les échantillons sont préparés dans une salle blanche.
Avant cryogénisation, les échantillons sont préparés dans une salle blanche.
Les échantillons cryogénisés sont conservés dans des cuves d'azote liquide à -174°C.
Les échantillons cryogénisés sont conservés dans des cuves d'azote liquide à -174°C.
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