Sous terre, les essais de fermeture prennent forme
Après plusieurs mois d’essais en surface, l’Andra a lancé mi-septembre le premier remblaiement expérimental d’une galerie au fond du Laboratoire souterrain. Une étape clé pour préparer les futurs ouvrages de fermeture de Cigéo.
Depuis fin 2023, des essais menés en surface ont permis de mettre au point le matériau et les méthodes de remblaiement appelés à être utilisés dans Cigéo, centre de stockage des déchets les plus radioactifs. Différents mélanges de sable et d’argilites ont été comparés, les techniques de mise en place optimisées, et leur compatibilité avec l’instrumentation vérifiée. « Nous disposons désormais d’une méthode validée, tant sur les plans techniques qu’opérationnels », souligne Youssef Fawaz, ingénieur géomécanicien au Centre de Meuse/Haute-Marne de l’Andra.
Un premier remblaiement en conditions réelles
Ces travaux ont ouvert la voie au premier essai souterrain, à 500 m de profondeur, dans une galerie du Laboratoire, depuis septembre 2025. Objectif : combler 10 m de galerie avec environ 300 m³ de matériaux foisonnés*. Le mélange retenu se compose de 70 % de sable et 30 % d’argilites issues de l’excavation et triées pour ne pas dépasser 20 mm de diamètre. Le tout est homogénéisé grâce à un dispositif d’hydratation.
Le matériau est ensuite installé in situ à l’aide d’une machine télécommandée équipée d’une plaque vibrante, déjà éprouvée lors des essais en surface.
Vers les futurs ouvrages de fermeture
Dans Cigéo, les remblais soutiendront la roche, tandis que les scellements assureront le rôle de barrières étanches. L’essai en cours doit donc confirmer le comportement du remblai une fois hydraté, ainsi que la bonne mise en œuvre du procédé.
Ce premier remblaiement fait partie d’un programme plus large d’essais de fermeture : deux autres démonstrateurs seront installés en 2026 puis en 2027 dans différentes galeries du Laboratoire souterrain afin d’explorer d'autres configurations.
Tels les astronautes qui s’entraînent en piscine avant d’aller dans l’espace, les équipes de l’Andra et leurs partenaires se préparent pas à pas aux futurs démonstrateurs d’ouvrages de fermeture qui seront installés dès le début de la construction de Cigéo.
*Le foisonnement correspond à l’augmentation naturelle de volume d’un matériau après extraction.
Chiffres clés
capteurs géotechniques et hydrogéologiques (174 mesures)
sections d’électrodes géophysiques (144 électrodes)
estimés pour atteindre la saturation complète lors de l’hydratation prévue en 2026