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Un nouveau recensement de la faune et de la flore autour du CSA

Le Centre de stockage de l’Aube a mené en 2018 un recensement des animaux et des végétaux présents aux abords du site. Quelles sont les espèces observées et comment évoluent-elles ? Quel impact le centre a-t-il sur la faune et la flore ? Ces nouvelles études environnementales ont permis de répondre à ces questions.

Salamandre tachetée, murin, rhinolophe (chauve-souris) ou encore orchis bouffon (orchidée), voici quelques-unes des espèces animales et végétales typiques de la Champagne humide, qui peuplent les alentours du Centre de stockage de l’Aube (CSA). Depuis l’ouverture du site en 1992, cette faune et cette flore sont très attentivement observées par l’Andra. Objectif : évaluer l’impact du centre sur l’environnement.

Débuté en février 2018, un nouvel inventaire des espèces s’est achevé en novembre dernier. « L'objectif était de vérifier si les espèces observées avant la mise en service du centre sont toujours présentes et à analyser la manière dont elles ont réagi depuis les dernières études », explique Emeric Floczek qui pilote ce projet en tant qu’ingénieur environnement à l’Andra. Et la réponse est "OUI", toutes les espèces végétales et animales recensées lors des précédents inventaires sont toujours présentes dans un rayon de 5 kilomètres autour du centre.

Renard roux

Des recherches ciblées

Cette mission de recensement a été confiée au Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) du Pays de Soulaines. Aux abords du centre, les écologues ont concentré leurs recherches sur les espèces déjà connues et celles qui font l’objet d’un statut particulier : espèces remarquables, rares ou protégées. Parmi elles : les chauves-souris, les musaraignes aquatiques, les libellules ou encore les chats sauvages. « Pour multiplier nos chances de les rencontrer, les périodes d’observation et le nombre de passages des écologues ont été définis en fonction du mode de vie (migration, nidification) des différents groupes d’espèces recherchées », précise l'ingénieur en environnement. L’identification des animaux et des végétaux a été réalisée à vue, à l’ouïe (pour les oiseaux et amphibiens), à l’aide de détecteur ultrasons (pour les chauves-souris) ou encore avec des pièges photos pour les mammifères terrestres.

Evaluer l'impact du centre

A la fin de cet inventaire, les résultats ont été comparés aux résultats des précédentes études afin d’évaluer l’impact du centre sur l’environnement. Une espèce peut avoir disparu, ou ne pas avoir été retrouvée. Est-ce en raison de la présence du centre, d’un défaut d’observation ou d’autres activités que celles de l’Andra ? (cf. encadré ci-dessous sur les résultats) « C’est ce que le bureau d’études doit déterminer. Mais on sait que les conclusions sont rarement binaires, poursuit Emeric Floczek . Certaines activités peuvent être défavorables à une espèce, et favorables à une autre. C’est le cas par exemple avec le fauchage et la tonte effectués le long de la route d’accès du centre. Ils ont permis à certaines orchidées de réapparaître et de fleurir alors qu’auparavant, elles peinaient à se faire une place parmi la végétation présente. En revanche, pour certains oiseaux dits de milieu forestier, la construction du centre a pu fait disparaître certaines zones favorables à leur nidification.

L'Agrion de Mercure

Des mesures protectrices

Les analyses comparatives permettront au CPIE d’orienter l’Andra sur les mesures de protection à prendre pour limiter au maximum l’impact du centre sur l’environnement. Ainsi certaines activités liées au fonctionnement du site pourront être adaptées aux besoins des espèces, comme cela a déjà été le cas pour l’Agrion de Mercure, une libellule rare en France (cf. encadré). « Nous pouvons par exemple décider de continuer à faucher une partie d’un terrain pour favoriser une espèce végétale et, sur une autre partie, espacer les fauchages pour permettre le retour d’une espèce animale... ou encore de limiter l'éclairage de nuit, qui constitue une pollution pour certaines espèces. » Le but est de favoriser le plus grand nombre d’espèces, tout en continuant à garantir la sûreté du centre.

 

 

L'Agrion de Mercure

 

Espèce rare de libellule, l’Agrion de Mercure, en danger de disparation, est protégée en France.

« Cette libellule aime particulièrement les petits ruisseaux avec une végétation importante sur les berges, précise Emeric Floczek. Pour favoriser son développement, nous avons limité les fauchages et les curages des fossés. »

Identifiée pour la première fois dans les années 2000 avec quelques individus, l’espèce est aujourd’hui très présente autour du centre avec des populations composées de plusieurs dizaines d’individus.

Recensement 2018 : toutes les espèces toujours présentes

L'étude du CPIE a montré que toutes les espèces végétales et animales recensées lors des précédentes inventaires sont toujours présentes dans un rayon de 5 kilomètres autour du centre. Cependant, des périodes de sécheresse inhabituelles en 2018 ont entraîné un développement moindre de certaines espèces de fleurs. "En conséquence, les papillons, qui utilisent ces fleurs pour se reproduire et se développer, et que nous pensions retrouver aux alentours du site, n'ont pas été observés. Cela ne signifie pas pour autant qu'ils ont disparu mais que le contexte climatique n'a pas favorisé leur observation", précise Emeric Floczek.

Les mammifères

Chevreuil

Gibiers (chevreuils, sangliers...), muscardins (rongeurs) et plus particulièrement chats forestiers, une espèce protégée remarquable, sont toujours bien présents autour du site. 17 espèces au total ont été recensées. "Les muscardins qui vivent dans les ronces et aiment grimper aux arbres sont tout particulièrement difficiles à observer, raconte Emeric Floczek. Pour mieux les identifier, nous avons mis en place des nichoirs à mésanges en espérant qu'ils en fassent leur logis... mais ça n'a pas été le cas ! Cependant, des noisettes rongées d'une manière très caractéristiques de cette espèce ont été retrouvées... Peut-être apprécieront-ils plus ce dispositif l'année prochaine."

Les chauves-souris

Chauves-souris

8 espèces ont été recensées, dont le Noctule de Leisler. "Cette année, nous avons privilégié les écoutes à ultrasons, plutôt que les pièges au filet qui constituent un dispositif plus dommageable pour les autres espèces", explique Emeric Floczek.

Les reptiles et amphibiens

Salamandre tachetée

15 espèces recensées, dont la salamandre tachetée ou le sonneur à ventre jaune (grenouille).

Les oiseaux

Faucon crécerelle

127 espèces au total ont été recensées parmi lesquelles le pipit farlouze, le faucon crécerelle ou encore le tarier pâtre. "Ni plus ni moins que lors du précédent inventaire", précise l'ingénieur.

Les insectes

Libellule

94 espèces d'insectes recensées : papillons, libellules (Agrion de Mercure), criquets...

La flore

Orchidée

Chênes, aulnes, ormes blancs, orchis bouffon (orchidées)... sont parmi les nombreuses caractéristiques de la région et présentes autour du centre.

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