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Des risques naturels évalués et anticipés

Tempêtes, inondations, vagues de chaleur ou séismes… Pour assurer la sûreté de ses centres de stockage de déchets radioactifs et la protection de la santé des personnes face aux aléas naturels, ­l’Andra s’appuie sur des expertises de pointe et applique le principe de « défense en profondeur ». Explications.

Les risques naturels pris en compte par l'Andra (PDF 7.22 Mo)

Au quotidien, sur ses centres de ­stockage existants ou en projet, ­l’Andra poursuit un objectif essentiel : limiter l’impact des déchets radioactifs sur l’Homme et l’environnement. Et pour ce faire, elle doit prendre en compte une multitude de paramètres et notamment se prémunir contre ce que l’on appelle des « agressions externes », comme une chute d’avion ou les aléas naturels, tel que le prévoit la réglementation. « Nous devons analyser une liste de risques, explique Mathieu Laplanche, chef du service études de sûreté. Et pour chacun d’entre eux, nous devons nous conformer à des normes ainsi qu’à des règles et guides produits par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). »

La liste est la même pour toutes les installations nucléaires de base (INB) et doit être prise en compte pour les phases de fonctionnement, de fermeture et de surveillance des centres de stockage des déchets radioactifs
(cf. schéma ci-dessus).

 

Ce que dit la règlementation

L’arrêté du 7 février 2012 fixant les règles générales relatives aux installations nucléaires de base les oblige notamment à se protéger contre les agressions internes ou externes, à savoir « tout événement ou situation qui trouve son origine respectivement à l’intérieur ou à l’extérieur de l’installation nucléaire de base et qui peut entraîner de manière directe ou indirecte des dommages aux éléments importants pour la protection ou remettre en cause le respect des exigences définies » pour la démonstration de sûreté.

Évaluation et majoration des aléas

Ferraillage d'un ouvrage de stockage

Ce qui nécessite avant toute chose de déterminer un niveau d’aléa auquel l’installation doit résister. « Un travail rigoureux pour lequel nous nous entourons évidemment d’experts pour chaque évènement naturel listé, souligne Mathieu Laplanche. Pour le risque d’inondation par exemple, nous regardons ce qu’il se passerait en cas de pluie extrême. Pour cela, il faut d’abord définir une intensité de pluie qui pourrait tomber sur chacun de nos sites. »

Point de départ de ces études : rechercher les évènements qui se sont déjà produits dans le passé, à partir des données répertoriées sur de longues périodes de temps. « Typiquement, une des règles pour concevoir les réseaux d’eaux pluviales consiste à prendre en compte ce que l’on appelle les pluies centennales, c’est-à-dire les pluies les plus intenses qui sont susceptibles de se produire en moyenne une fois tous les 100 ans. À l’aide d’outils statistiques, nous majorons cette intensité de telle sorte que nos installations puissent résister à des pluies encore plus fortes », précise le chef du service études de sûreté de ­l’Andra. Cette marge appliquée pour chaque aléa naturel permet ainsi de tenir compte des inconnues propres au climat ou à la géologie, et des incertitudes identifiées en l’état actuel des connaissances.

Évidemment chaque aléa est défini en fonction d’une zone géographique précise. Pour les séismes, les vents forts, les épisodes neigeux ou tout autre phénomène naturel, le niveau d’aléa déterminé dépendra donc de l’endroit où se trouve chaque installation de ­l’Andra. Estimé localement et d’après un historique étendu, chaque aléa va ensuite permettre de vérifier que les centres de l’Agence sont bien dimensionnés pour faire face aux risques naturels.

 

Anticiper toutes les éventualités

Centre de stockage de l'Aube

­L’Andra s’appuie alors sur un principe de défense en profondeur, lequel repose sur plusieurs niveaux de protection. « D’abord, nous allons tout mettre en œuvre afin de limiter le risque qu’un accident ne soit engendré par la survenue d’un évènement naturel. Dans le cadre des réexamens de sûreté de nos centres de stockage de l’Aube et de la Manche, si le niveau d’aléa a évolué avec la réglementation, on vérifie la robustesse de nos structures existantes. Pour les projets en cours de conception, comme sur le projet de centre de stockage géologique Cigéo, on dimensionne chaque élément de l’installation en fonction des risques », poursuit Mathieu Laplanche.

Pour l’inondation par exemple, les équipes de ­l’Andra s’assurent du bon dimensionnement des équipements en cas de pluie importante afin de garantir la protection des zones contenant des substances radioactives. « Concernant la température dans Cigéo, l’installation souterraine devant être ventilée, il s’agira notamment de protéger les locaux électriques qui alimentent les ventilateurs d’un niveau de température extérieure important. Des systèmes redondants de refroidissement de ces locaux sont ainsi prévus », complète Mathieu Laplanche. Autre exemple : pour les vents forts, les tempêtes ou même les tornades, les experts de l’Agence étudient l’impact des vitesses de vents importantes et de projectiles sur les installations. « Évidemment les connaissances progressent et les normes évoluent en conséquence. À l’origine, certaines installations nucléaires peuvent donc avoir été dimensionnées sur la base de niveaux de pluie, de vent ou de température plus bas que la référence actuelle. Mais - c’est leur but - les réexamens de sûreté décennaux permettent de vérifier si, sur la base des normes actualisées, l’installation est toujours adaptée et d’apporter les modifications si nécessaire », rappelle Mathieu Laplanche.

« À l’aide d’outils statistiques, nous majorons cette intensité de telle sorte que nos installations puissent résister à des pluies encore plus fortes. »

Mathieu Laplanche

Malgré toutes ces précautions, ­le principe de défense en profondeur impose d’envisager qu’un incident puisse tout de même se produire et l’Andra fait en sorte d’être en capacité de détecter et d’intervenir rapidement si l’installation était fragilisée ou menacée. Des systèmes d’alarme sont ainsi mis en place. Ils ne sont d’ailleurs pas propres aux seuls aléas naturels et font partie des dispositions classiques que prend ­l’Andra pour garantir la sûreté de ses centres.

Et parce que le risque zéro n’existe pas, ­l’Andra, comme tout exploitant nucléaire, instaure des procédures et interventions d’urgence pour qu’en cas de panne ou d’accident, celui-ci soit maîtrisé et les conséquences limitées.

 

Retrouvez le dossier complet : aléas naturels, comment ­parer aux risques
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